Glossaire

  1. HOMONCULUS

Bleu : cortex sensitif. Rouge : cortex moteur (http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/788399)

Homunculus

Homuncule sensoriel.  Homuncule moteur

cortex3

02homuncL’homonculus cortical représente l’importance que le cerveau accorde aux différentes parties du corps

original (1)

 

 

 

 

Sculpture de l’homonculus de Penfield (1930)

chaque partie du cortex cérébral (surface du cerveau) correspond à un mouvement volontaire précis et à une sensation.

 

 

 

 

 

 

2     100px-QìKI ou QI :

Au sens large, le QI  ( en Chinois, ou KI, en japonais) évoque un élément fondamental dans la constitution de l’univers, à l’origine de l’ensemble des énergies et substances présentes dans la nature, capable de produire chaque chose, par ses mouvements et ses transformations.

  • Cette notion, abstraite est traduite souvent, en français, par le terme « souffle », « influences », « émanations ».
  • Dans la littérature médicale chinoise traditionnelle, le QI évoque aussi des notions de mouvement, transformation, communication, de fonctionnement et de connexion.
  • En médecine chinoise, le QI regroupe, entre autre, l’ensemble de tous les substrats et fonctions du corps. Ainsi, le Sang, les Liquides organiques, le métabolisme, la pression artérielle, la chaleur corporelle peuvent-ils être inclus dans la notion de QI.

La notion de QI coexiste de façon indissociable avec deux autres notions :

SHEN (Esprit), et

JING (Essence vitale)

à eux trois :

SHEN, JING, et QI, forment les « TROIS TRÉSORS »,

Trois concepts essentiels sur lesquels repose la vie.

 

3  Médecine complémentaire :

Médecines complémentaires et shiatsu

14e législature

Question écrite n° 10196 de Mme Aline Archimbaud (Seine-Saint-Denis – ECOLO)

publiée dans le JO Sénat du 30/01/2014 – page 248

(http://www.senat.fr/questions/base/2014/qSEQ140110196.html)

Mme Aline Archimbaud attire l’attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé au sujet des médecines complémentaires et en particulier du shiatsu.

  • Le shiatsu est une technique de thérapie manuelle d’origine japonaise, qui s’intéresse à la préservation de l’état de santé et permet de traiter différents troubles fonctionnels, voire organiques spécifiques, à partir des apports de la médecine traditionnelle chinoise.
  • Le shiatsu est une des huit approches complémentaires citées dans la résolution A4-0075/97 du Parlement européen, votée le 29 mai 1997, en tant que « médecine non conventionnelle digne d’intérêt ».
  • Cette résolution (rapport Collins – Lannoye du 29/05/1997), a amené la reconnaissance de l’ostéopathie, de la chiropraxie et de l’homéopathie dans certains pays d’Europe (notamment de l’ostéopathie en France).
  • Au Japon, c’est une thérapie manuelle reconnue officiellement depuis 1955 par le ministère de la santé, différenciée du massage en 1964. En Europe le shiatsu est reconnu en Autriche et en Suisse.
  • Le shiatsu, en tant que thérapie manuelle d’origine japonaise, entre dans la catégorie des médecines traditionnelles citées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et est largement pratiqué en France où il rencontre de plus en plus de succès.
  • Ainsi, à propos des thérapies manuelles, l’OMS relève par exemple : « Pour la population, les économies de coûts potentielles constituent une raison importante d’opter pour la MT/MC. Ainsi, un essai randomisé contrôlé a comporté une évaluation économique de la physiothérapie, de la thérapie manuelle et des soins de médecine généraliste pour des douleurs cervicales. Il a conclu que l’état de santé du groupe traité par thérapie manuelle s’améliorait plus rapidement que celui du groupe traité par physiothérapie et par la médecine généraliste. Il a également montré que le coût total de la thérapie manuelle (€447) équivalait à environ un tiers de celui de la physiothérapie €1 297) et de la médecine généraliste (€1 379). On peut donc penser que la thérapie manuelle est plus efficace et moins onéreuse que la physiothérapie ou que la médecine généraliste pour le traitement des douleurs cervicales. »
    L’OMS, dans son plan de stratégie pour la médecine traditionnelle pour les années 2014 à 2023 « souhaite épauler les États membres qui cherchent à mettre à profit la contribution de la médecine traditionnelle à la santé, au bien-être et aux soins de santé centrés sur la personne et favoriser un usage sûr et efficace de la MT/MC au moyen d’une réglementation des produits, des pratiques et des praticiens. »
  • Le shiatsu est à ce titre cité dans la note d’analyse 290 du Conseil d’analyse stratégique, CAS, (devenu Commissariat général à la stratégie et à la prospective) qui recommande une labellisation des médecines complémentaires.
  • Pour aller dans le sens des préconisations du CAS et de l’OMS, quel dispositif le ministère de la santé compte-t-il mettre en œuvre pour permettre la reconnaissance des médecines complémentaires en général, celle du shiatsu en particulier et d’assurer ainsi leur labellisation ?

Transmise au Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes

 

  • Réponse du Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes publiée dans le JO Sénat du 23/04/2015 – page 941
  • Le ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes conduit une réflexion sur les pratiques non conventionnelles en santé aussi appelées « médecines douces » ou « médecines naturelles ». Un groupe d’appui technique (GAT) sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique a été créé par arrêté du 3 février 2009 modifié le 13 avril 2013. Ce groupe a pour mission de coordonner l’évaluation scientifique des pratiques non conventionnelles, d’informer le public sur la qualité de ces pratiques et de lutter contre les pratiques dangereuses. Un dossier d’information du public élaboré avec le GAT est mis en ligne sur le site du ministère depuis plus de trois ans. Celui-ci est enrichi de fiches par pratique élaborées sur la base d’une évaluation scientifique concernant l’efficacité et les risques liés à l’exercice de ces pratiques. Ces études sont menées par l’institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), la haute autorité de santé (HAS) ou des sociétés savantes. Comme pour la médecine conventionnelle, seul un bénéfice scientifiquement démontré pour une pratique peut justifier sa reconnaissance dans notre système de santé. Le shiatsu n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation scientifique. Cette pratique sera soumise à la réflexion du GAT en vue de son éventuelle inscription dans le futur programme d’évaluation des pratiques non conventionnelles en santé.

 

4   images (4)Sei Shiatsu DO :

Voie du Shiatsu Sincère.
Cette Voie (Dô) est issue de l’antique médecine orientale. Elle allie la recherche d’un savoir faire précis et codifié, dans un corps enraciné, s’appuyant sur le savoir de la Médecine Traditionnelle Chinoise et privilégiant l’ouverture de cœur dans le soin et la pratique.

Voici une définition « Wikipedia » :https://fr.wikipedia.org/wiki/Shiatsu)

  • Le Sei Shiatsu (Shiatsu Sincère), enseigné à l’École de shiatsu thérapeutique de Paris, est un shiatsu thérapeutique créé par Bernard Bouheret après 25 ans de pratique intensive en cabinet.
  • C’est un shiatsu qui prend sa source dans le shiatsu Koho de Maître Okuyama et dont l’enseignement et la pratique s’appuient très fortement sur la médecine traditionnelle chinoise et ses racines taoïstes.
  • C’est un shiatsu dont l’exécution est codifiée (kata) et dont la pratique alterne entre subtilité et profondeur, enracinement et légèreté, entre rythme, mouvement et silence.
  • Au début de la séance, un bilan énergétique (notamment par la prise de pouls, chère à l’acupuncture) est effectué pour identifier la cause des symptômes ressentis et l’élaboration du processus de traitement.
  • Le traitement s’effectue majoritairement sur le trajet des méridiens ainsi que sur certains points d’acupuncture.
  • Le Sei Shiatsu est actuellement dispensé dans certains milieux hospitaliers en région parisienne, sur le personnel soignant mais aussi sur certains patients, notamment pour des troubles ORL (vertiges, acouphène)
5  Les 3 Champs de cinabre, DAN TIAN :

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Dan ou Tan (caractère 10323 du Grand Ricci), désigne le cinabre ou cinnabar (cinnabaris) qui est un sulfure de mercure (HgS) donc le minerais à partir duquel on extrait le mercure ou vif argent.

Dan Tian : littéralement « Cinabre-Champ »,  Le Champ de Cinabre

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La méditation taoïste ou Alchimie Interne
Exercices de Santé du Kung Fu par Georges Charles
Editions Albin Michel (1983) (http://www.tao-yin.com/)

Symboliquement, le cinabre permet à partir de ce qui est grossier (le minerai donc une pierre sans valeur) d’extraire, à partir d’une oeuvre alchimique, donc de révéler, ce qui est le plus subtil et le plus précieux.

C’est le passage de la matière vers l’esprit et la mise de la matière au service de l’esprit.

La notion chinoise de « Travail Interne » (Neigung ou Nei Kong) permet à partir du

« Cinabre Interne » (Neidan ou Nei Tan)

                                 d’opérer des transformations (Yi)

                                                   puis des transmutations (Hua)

                                                        pour obtenir « autre chose encore« .

D’où le terme de Alchimie Interne.

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Le Yijing (littéralement « Traité des Changements ») est l’une des voies de cette Alchimie Interne.

Pour la « Méditation du Calendrier de Jade des Rois de la Chine Ancienne » donc un voyage intérieur dans ces Champs de Cinabre

 

 

 

 

3dantian2

6 Les QI :

Globalement, le Qi a deux origines :

  1. le Jing inné, qui provient des parents, et
  2. le Jing acquis, venant de la nourriture.

A cela, il faut ajouter le Qi de l’air, absorbé par la respiration, qingqi, le souffle pur.

Plusieurs organes sont impliqués dans la production du Qi :

  • Les Reins, ils stockent le Jing.
  • La Rate et l’Estomac, ils permettent la production du Jing acquis, qui enrichit le Jing des Reins.
  • Le Poumon, il inspire l’air et gouverne le Qi en le distribuant.

C’est l’impulsion de yuanqi (Qi originel, en relation avec le Jing des Reins) qui permet la production des différents Qi du corps.

  • La production du Qi de l’organisme est la synthèse des Qi extérieurs :du ciel, (Air), de la terre (aliments), et de l’homme (yuanqi).
  • Yuanqi transforment les Qi externes, apportés par la nature et les individualise.
  • Il y a différents sortes de Qi, selon leur origine, leur mode de production, leurs zones d’action et leurs propriétés.
  1. Yuan QI, Qi originel, Qi le plus fondamental, le plus important, le plus individuel. Issu du Jing inné, entretenu par le Jing acquis, et formé au  niveau du Foyer Inférieur, par les Reins et Mingmen (Porte de a destinée, située entre les deux reins).
  2. Gu Qi, Qi des aliments, c’est le premier stade de transformation de la nourriture en Qi. Cette transformation est grossière, ne peut être utilise par le corps. La nourriture qui arrive à l’estomac est transformée en Qi des aliments par la Rate. Ce Qi monte, grâce au travail de la Rate, à la poitrine et aux Poumons, où il se combine à l’air pour former le Qi Essentiel (Zong Qi).
  3. Zong  QI, Qi Essentiel provient de l’interaction entre le Qi des Aliments et le Qi de l’Air. Ce Qi est directement utilisable par le corps, il nourrit le Cœur, le Poumon, renforce et facilité la fonction du Poumon pour contrôler le Qi et la respiration, et la fonction du Cœur pour gouverner le Sang. La zone de la poitrine où se rassemble Zong Qi est appelé « Mer du QI  = 17 RM ». On peut aussi traiter le Qi Essentiel par l’intermédiaire des Méridiens du Cœur et des Poumons, et par des exercices respiratoires. Il y a assistance mutuelle entre Zong Qi et Yuan Qi : Yuan Qi monte pour aider la respiration, Zong Qi descend pour aider les Reins.
  4. Zheng Qi : Le Qi Vrai, phase ultime de transformation du Qi, sous l’action du Yuan Qi. Son origine se trouve dans les Poumons (comme Zong Qi), sous deux formes : Yin Qi ( Qi nourricier) et Wei Qi (Qi protecteur).
  5. Ying QI, Qi nourricier,  Yin, résulte des aliments transportés par la Rate, en direction du Poumon. Ying QI circule dans l’organisme, 50 fois par jour, il traverse les quatorze Méridiens, selon un trajet précis. La première fonction de Ying QI est de participer à la production du Sang, la seconde est de nourrir tout l’organisme, par l’intermédiaire des vaisseaux sanguins.
  6. Wei QI, Qi défensif, Yang,  par rapport à Ying Qi, circule dans les couches superficielles du corps, entre la peau et les muscles, c’est-à-dire, en –dehors des Méridiens.
  • Il reçoit son impulsion du Foyer inférieur (Rn), s’enrichit dans le Foyer Médian (E, Rte), diffuse au niveau du Foyer Supérieur (P).
  • Il est distribué à tout l’organisme grâce aux fonctions du Poumon. Wei QI est donc rattaché au Poumon.
  • Wei QI circule cinquante fois par jour dans le corps.

25 fois le jour dans les Méridiens Yang du corps, et

25 fois par nuit, dans les viscères Yin du corps

  • Sa fonction principale est de défendre l’organisme contre les agents pathogènes externes, à partir de la surface du corps, de les combattre et de les repousser le cas échéant.

 

 

7 TAO :Tao_character.svg

Sinogramme formé de deux éléments, de la gauche vers la droite :

« Elément de marche rapide »

Et

« Elément « tête avec cheveux »

Notion fondamentale de la philosophie chinoise qui donne son nom au Taoïsme, dont le livre clé, attribué à Lozi (plus connu par Lao Tse), s’intitule Classique de la Voie et de la Vertu (Daodejing).

  • L’idéogramme qui est utilisé pour le Tao signifie à la fois le chemin et la voie, dans le sens de la voie des anciens, du juste comportement était utilisée aussi bien par les bouddhistes que par les confucianistes. Les taoïstes ont donné un sens nouveau, un sens absolu à ce mot : la vérité première, à la fois immanente et transcendante, c’est un peu comme la Vie, le chemin que l’on suit tout au long de son existence qui permet de se déployer dans sa personne et dans l’univers tout entier.
  • Le taoïsme vise à retourner à l’Un, à ce qui est total, celui qui sait garder ses forces vitales et ses énergies devient Grand et peut parvenir à l’immortalité et à la source vive de l’Univers.
  • L’origine de l’Univers pour les Chinois se situe dans le souffle primordial qui n’a ni commencement ni fin. Ce souffle est plein de tout ce qui va advenir, le chaos primordial existe à l’état de matières (la plénitude du vide).

« Le Tao est grand

Le ciel est grand

La terre est grande

L’homme est grand

L’homme est l’un des quatre grands du monde

L’homme imite la Terre

La Terre imite le Ciel

Le Ciel imite le Tao

Le Tao n’a d’autre modèle que soi-même ».

Lao Tseu, chap XXV(Tao Te King, Ed Gallimard)

 

La composition, la nature du Tao :

« Le Tao est comme un vase

Que l’usage ne remplit jamais.

Il est pareil à un gouffre,

Origine de toutes choses du monde (…)

Il semble très profond,

Il paraît durer toujours. Fils d’un je ne sais qui

Il doit être l’aïeul des Dieux. »

Lao Tseu, chap IV

  • Tenter de comprendre, de définir le Tao est vain, inutile.
  • En Orient, la réalité n’est perceptible qu’après cessation, abandon de toute recherche, de toute construction mentale : la réalité commence là où le mental s’arrête.

 

« Le Tao qu’on tente de saisir n’est pas le Tao lui-même ;

Le nom qu’on veut lui donner n’est pas son nom adéquat. »

Lao Tseu, Chap I

 

7  Taoïsme :

est un des trois piliers de la pensée chinoise avec le confucianisme et le bouddhisme et se fonde sur l’existence d’un principe originel à l’origine de toute chose, appelé « Tao ».

ce courant se fonde sur des textes, dont le

  • «  Tao Te King », de Lao Tseu, Le Livre de la Voie et de la Vertu,
  •  «  Le Vrai Classique du vide parfait »  de Lie Tseu et  « Zhuangzi –

ou encore

 

  • Le taoïsme naît presque en même temps que le confucianisme. Alors que le confucianisme devient une religion d’état, sous la dynastie des Hans entre 206 av. J.-C. et 220 apr. J.-C., liée à la politique et à l’administration chinoise, le taoïsme se développe parallèlement parmi les lettrés et le peuple.
  • Dès l’époque des empereurs Hans, on trouve à la cour des magiciens taoïstes détenteurs de techniques pour accroître la vitalité, la longévité. Sa quête sera celle  de l’harmonie avec la nature et le reste de notre environnement.
  • Le taoïsme développe différents concepts: la conscience, la compassion le pardon, le non être, le non-agir, la suspension de l’ego,  non-dualité, souplesse, fluidité, l’Homme entre le Ciel et la Terre, le tai ji quan…..

8 Tai ji quan :

  • Selon le Dr JIAN, le tài jí quán est un art martial interne car il « recherche le calme dans le mouvement » (…) il cherche à expliquer le Dao par le langage corporel….une précision subtile des gestes est requise, car la référence au combat est omniprésente. (…)
  • Les personnes qui présentent des problèmes de mémoire et/ou à mobilité réduite ne porteront pas leur choix initial sur cette discipline. Le tài jí quán est, au début, physiquement plus difficile que le Qì gōng.
  • Georges CHARLES précise avec justesse que le tài jí quán , signifie littéralement « Poing du Grand Faîte. » Le « poing » est une référence aux « arts du poing » donc à une application possible en combat.
  • Le « Grand Faîte » est un terme très classique utilisé pour désigner le « Dao en mouvement ».
  • Ces termes semblent dont très paradoxaux puisque le tài jí quán est à la fois un « art martial » et une pratique de réalisation liée à la philosophie, ou à la pensée, chinoise. Il ne s’agit donc pas d’une simple gymnastique lente mais d’un moyen de réalisation au travers de l’utilisation rationnelle de l’énergie. (…)
  • Le tài jí quán est un « mouvement de vie » qui puise ses racines dans la sagesse de la Chine ancienne et plus particulièrement dans les pratiques énergétiques liées à la tradition du Dao.
  • Chaque posture, chaque mouvement a son utilité énergétique mais également une application possible avec un « partenaire ». A haut niveau il s’agit d’un art de combat très évolué;
  • Cyrille J.-D. JAVARY précise que le tài jí quán est constitué d’une suite de mouvements lents et fluides destinés à favoriser et à réguler la circulation du souffle vital à l’intérieur du corps. (…) la main parfois enroulée, parfois étendue, évoque la grande loi dont il s’inspire : tout ce qui s’étire (yang) finit par revenir, tout ce qui se contracte (yin) finit par s’expanser, on devrait l’appeler : l’art du grand retournement.
  • Le tài jí quán vise à faire circuler le plus fluidement possible le (氣), le souffle-énergie,
  • le qì gōng cherche au contraire à le renforcer et à le concentrer pour le mettre à l’œuvre (sens de 功 gōng) de manière à le faire agir sur les organes et les méridiens, d’où ses importantes vertus thérapeutiques.

9 divisibilité infinie du Yin/Yang :

  • Les 8 trigrammes sont à la base du Yi King.
  • Leurs possibles associations par deux nous donnent 64 hexagrammes qui représentent l’ensemble des situations possibles dans l’univers.
  • Le Yi King nous révèle le jeu des deux forces polaires, le mâle et la femelle, le blanc et le noir.

Les huit trigrammes issus du Tai ji sont :trigram

 

huit-trigrammes

http://symbolinks.com/yi-king.html#trigrammes

Sur le graphique ci-dessous chaque saison est représentée par un trigramme ( 2 trigrammes forment un hexagramme comme dans le graphique suivant)

legendes-mythes-initiation-origine-yi-jing-ordre-posterieur-monde

 

 

1O  CORRESPONDANCE DES CINQ MOUVEMENTS :

 

Correspondances des Cinq Mouvements dans la nature

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http://www.wuxingyao.fr/articles.html


Correspondances des Cinq Mouvements dans l’homme :

http://eric-curetti.fr/nathalie/5elements.htm

 

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11 Triple Réchauffeur, ou Trois Foyers :

Entraille sans forme physique, regroupant un certain nombre de fonctions physiologiques, synthèse des fonctions viscérales.

Les Trois Foyers sont la voie de circulation du QI originel, qui stimule l’activité physiologique des Organes et Entrailles.

Cette fonction est particulièrement en relation avec la transformation du Qi.

D’autre part, les Trois Foyers sont responsable de la circulation des fluides par la Voie des Eaux, drainage.

Enfin, les Trois Foyers gouvernent la digestion, l’assimilation, le transit et l’excrétion, puisque, tout au long de ces étapes, les aliments sont véhiculés à travers les Trois Foyers.

Ils sont également responsables de la production des différents QI et constituent, dès la première respiration, l’usine énergétique de l’être humain.

 

12 HORLOGE CIRCADIENNE :

L’énergie circule et fait le tour des méridiens en vingt-quatre heures, elle circule 50 fois entre le corps et les membres.

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13 Le striatum, la formation réticulée du tronc cérébral, le locus niger, les noyaux des nerfs crâniens :

 

  • Le striatum (corps strié) une structure nerveuse subcorticale (sous le cortex), paire.
  • Le striatum fait partie des ganglions de la base.
  • Les nombreux faisceaux de fibres de cette région lui donnent un aspect strié, d’où le nom de corps strié donné à l’ensemble.

La maladie de Parkinson est due à une perte de l’innervation dopaminergique du striatum provenant de la substance noire (laquelle dégénère au cours de la maladie).

http://www.tompousse.fr/100idees/archives/1910

Pages-de-9782353451005

  • La formation réticulée du tronc cérébral, gion se trouvant dans le tronc cérébral (en avant du cervelet, juste en dessous du cerveau, entre celui-ci et la moelle épinière).
  • Cette région est constituée d’un ensemble de cellules nerveuses disposées en réseau dense tout le long du tronc cérébral allant de la partie basse du bulbe rachidien jusqu’à l’hypothalamus latéral et postérieur. (http://slideplayer.fr/slide/1600881/)

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Locus niger (substance noire du cerveau)

 

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(www.gsk.fr)

Les nerfs crâniens sont les nerfs qui émergent directement du cerveau et du tronc cérébral (par opposition aux nerfs spinaux qui émergent de la moelle épinière.)

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http://www.chups.jussieu.fr/polys/neuro/semioneuro/POLY.Chp.3.6.html

14 : Festination de la parole :

  • Terme issu du latin « festinare » : se hâter.
  • Tendance à marcher plus vite de façon à éviter la chute en avant.
  • La festination se rencontre chez certains patients essentiellement ceux atteints de la maladie de Parkinson. Elle correspond au premier degré de la propulsion.
  • La propulsion appelée également antépulsion est la tendance pour certains patients d’accélérer leur marche jusqu’à prendre le pas de course.
  • La FESTINATION peut s’appliquer aussi à la parole, c’est l’augmentation progressive du débit de parole.

 

15 : La PALILALIE

 

La palilalie est un trouble de la parole (en rapport avec un trouble de l’intelligence) consistant à répéter involontairement et spontanément, deux ou plusieurs fois de suite, la même phrase, ou le même mot.

16 DYSFLUENCES :

Trouble du rythme et de la parole dans lequel l’individu sait exactement ce qu’il veut dire mais est incapable de le dire, en raison d’une répétition involontaire, d’une prolongation ou d’un arrêt du son, clonies, blocages toniques, évitement de mots, reprise d’énoncés.

17 CIM -10 :

Classification CIM-10 des troubles mentaux et des troubles du comportement

Le chapitre V de la 10e Révision de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-10), dont la publication fait suite à des essais de terrain approfondis menés dans plus de 100 centres cliniques et de recherche de 40 pays, présente une classification détaillée de plus de 300 troubles mentaux et du comportement.

Cet ouvrage se décline en deux versions principales:

  • descriptions cliniques et directives pour le diagnostic; et
  • critères diagnostiques pour la recherche.

La première fournit une description clinique détaillée des principaux symptômes associés à chacun des troubles recensés et d’autres éléments importants mais moins spécifiques qui les caractérisent, ainsi que des directives complètes permettant de les diagnostiquer.

La seconde version vise à optimiser l’homogénéité des groupes étudiés en vue de venir en appui aux recherches menées sur des troubles spécifiques. À cet effet, des critères permettant de sélectionner des sujets présentant des symptômes clairement analogues et d’autres caractéristiques communes y sont donnés.

 

18 ÉTIOLOGIE ET DÉVELOPPEMENT DES PATHOLOGIES : 

texte-glossaire1

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19 DIALOGUE DE L’ARBRE : 

 

 

«  DIALOGUE DE L’ARBRE »

PAUL VALÉRY, 1943

LUCRÈCE Que fais-tu là, Tityre, amant de l’ombre à l’aise sous ce hêtre, à perdre tes regards dans l’or de l’air tissu de feuilles ?

TITYRE Je vis. J’attends. Ma flûte est prête entre mes doigts, et je me rends pareil à cette heure admirable. Je veux être instrument de la faveur générale des choses. J’abandonne à la terre tout le poids de mon corps : mes yeux vivent là-haut, dans la masse palpitante de la lumière. Vois, comme l’ARBRE semble au-dessus de nous jouir de la divine ardeur dont il m’abrite : son être en plein désir, qui est certainement d’essence féminine, me demande de lui chanter son nom et de donner figure musicale à la brise qui le pénètre et le tourmente doucement. J’attends mon âme. Attendre est d’un grand prix, Lucrèce. Je sentirai venir l’acte pur de mes lèvres et tout ce que j’ignore encore de moi-même épris du Hêtre va frémir. Ô Lucrèce, est-ce point un miracle, qu’un pâtre, un homme oubliant un troupeau, puisse verser aux cieux la forme fugitive et comme l’idée nue de l’Arbre et de l’instant ?

LUCRÈCE Il n’est, Tityre, il n’est miracle ni prodige que l’esprit, s’il le veut, ne puisse pas réduire à sa propre énigme naïve… Moi, je pense ton arbre, et le possède à ma façon.

TITYRE Mais toi, tu fais profession de comprendre les choses : tu rêves sur ce hêtre d’en savoir beaucoup plus qu’il n’en pourrait savoir lui-même, s’il eût une pensée qui l’induisît à croire se saisir… Moi, je ne veux savoir que mes moments heureux. Mon âme aujourd’hui se fait arbre. Hier, je la sentis source. Demain ?… M’élèverai-je avec la fumée d’un autel, ou tiendrai-je au-dessus des plaines, l’altitude, dans le sentiment de puissance du vautour sur ses lentes ailes, le sais-je ?

LUCRÈCE Tu n’es donc que métamorphoses, Tityre…

TITYRE C’est à toi de le dire. Je te laisse la profondeur. Mais, puisque cette masse d’ombre t’attire comme une île de fraîcheur au milieu du feu de ce jour, arrête et cueille l’instant. Partageons-nous ce bien, et faisons entre nous l’échange de ta connaissance de cet Arbre, avec l’amour et la louange qu’il m’inspire… Je t’aime, l’Arbre vaste, et suis fou de tes membres. Il n’est fleur, il n’est femme, grand Être aux bras multipliés, qui plus que toi m’émeuve et de mon coeur dégage une fureur plus tendre.. Tu le sais bien, mon Arbre, que dès l’aube je te viens embrasser : je baise de mes lèvres l’écorce amère et lisse, et je me sens l’enfant de notre même terre. A la plus basse de tes branches, je pends ma ceinture et mon sac. De tes ombres touffues, un gros oiseau soudain s’envole avec fracas et fuit d’entre tes feuilles, épouvanté m’épouvantant. Mais l’écureuil sans peur descend et se hâte vers moi : il vient me reconnaître. Tendrement naît l’aurore, et toute chose se déclare. Chacune dit son nom, car le feu du jour neuf la réveille à son tour. Le vent naissant bruit dans ta haute ramure. Il y place une source, et j’écoute l’air vif. Mais c’est Toi que j’entends. Ô langage confus, langage qui t’agites, je veux fondre toutes tes voix ! Cent mille feuilles mues font ce que le rêveur murmure aux puissances du songe. Je te réponds, mon Arbre, je te parle et te dis mes secrètes pensées. Tout de ma vérité, tout de mes voeux rustiques : tu connais tout de moi et les tourments naïfs de la plus simple vie, la plus proche de toi. Je regarde alentour si nous sommes bien seuls, et je te confie ce que je suis. Tantôt, je me confesse haïssant Galatée ; tantôt, un souvenir me faisant délirer, je te tiens pour son être, et deviens un transport qui veut follement feindre, et joindre et prendre et mordre autre chose qu’un songe : une chose qui vit… Mais, d’autres fois, je te fais dieu. Idole que tu es, ô Hêtre, je te prie. Pourquoi non ? Il y a tant de dieux dans nos campagnes. Il en est de si vils. Mais toi, quand s’apaise le vent, et que la majesté du Soleil calme, écrase, illumine tout ce qui est dans l’étendue, toi, tu portes sur tes membres divergents, sur tes feuilles innombrables, le poids ardent du mystère de midi ; et le temps tout dormant en toi ne dure que par l’irritante rumeur du peuple des insectes… Alors, tu me parais une sorte de temple, et il ne m’est de peine ni de joie que je ne dédie à ta sublime simplicité.

LUCRÈCE Ô virtuosité ! Tu frémis à merveille. Je t’écoute et t’admire…

TITYRE Non. Tu ne le saurais. Tu souris de mon Arbre et tu songes au tien. Ma flûte n’est pour toi qu’un jouet de la brise, quand la brise s’emprunte aux lèvres d’un mortel : elle ride l’instant, elle amuse l’ouïe. Mais pour l’âme puissante et profonde, qu’est-elle ? Elle est à peine plus qu’un parfum soupçonné. Ma voix ne suit qu’une ombre de pensée. Mais pour toi, grand Lucrèce, et ta secrète soif, qu’est-ce que la parole, une fois qu’elle chante ? Elle y perd le pouvoir de poursuivre le vrai… Oui, je sais ce que vaut ce que m’enseigne l’Arbre. Il me dit ce qu’il veut que je veuille sentir. Je change ce que j’aime en délices secondes, et j’abandonne à l’air ce qui me vient des Cieux. Rien de plus, rien de moins… Va, je n’espère pas que mon plaisir épuise autre chose que moi, simple comme je suis. Mais toi, le front chargé des ombres que tu formes, dans l’espoir d’un éclair qui frapperait les dieux, tu te fais tout esprit, et clos à la lumière, tes yeux cherchent en toi l’être de ce qui est. Ce qui paraît au jour n’est rien pour ta raison, et ce qu’au vent léger notre arbre balbutie, le doux frémissement de la cime effleurée, l’ample hésitation de toute la ramure, et tout son peuple ailé pépiant sans souci, que t’importe ? Tu veux la nature des choses…

LUCRÈCE Ce grand Arbre pour toi n’est que ta fantaisie. Tu crois l’aimer, Tityre, et ne fais que d’y voir ton caprice charmant que tu revêts de feuilles. Tu n’aimes que ton hymne et tu me plais ainsi. Au Hêtre solennel, tu prends de quoi chanter, les remous de sa forme et ses oiseaux sonores, son ombre qui t’accueille au coeur brûlant du jour, et tout favorisé des Muses, tu célèbres sur ton frêle roseau, les charmes du géant.

TITYRE Eh bien, chante toi-même et dicte à la nature, à la terre, aux taureaux, aux roches, à la mer ; donne des lois à l’onde et des formes aux fleurs ! Pense pour l’univers, monstre privé de tête, qui se cherche dans l’homme un songe de raison ; mais ne dédaigne pas le simple qui t’écoute. Ouvre-lui les trésors des ténèbres du vrai. Que sais-tu de ce hêtre, un peu plus que nous autres ?

LUCRÈCE Regarde bien d’abord ces forces brutes, le bois puissant de ces membres tendus : la vie a fait cette matière pleine, de quoi porter le poids d’un aquilon et tenir ferme au passage des trombes ; l’eau de la terre épaisse et maternelle, pendant des ans profondément puisée, produit au jour cette substance dure…

TITYRE Dure comme la pierre, et qu’on sculpte comme elle.

LUCRÈCE Qui s’achève en rameaux qui s’achèvent en feuilles, et les faines enfin, fuyant de toutes parts, disperseront la vie…

TITYRE Je vois ce que tu dis.

LUCRÈCE Vois donc dans ce grand être une sorte de fleuve.

TITYRE Un fleuve ?

LUCRÈCE Un fleuve tout vivant de qui les sources plongent dans la masse obscure de la terre les chemins de leur soif mystérieuse. C’est une hydre, ô Tityre, aux prises avec la roche, et qui croît et se divise pour l’étreindre ; qui de plus en plus fine, mue par l’humide, s’échevèle pour boire la moindre présence de l’eau imprégnant la nuit massive où se dissolvent toutes choses qui vécurent. Il n’est bête hideuse de la mer plus avide et plus multiple que cette touffe de racines, aveuglément certaines de progrès vers la profondeur et les humeurs de la terre. Mais cet avancement procède, irrésistible, avec une lenteur qui le fait implacable comme le temps. Dans l’empire des morts, des taupes et des vers, l’oeuvre de l’arbre insère les puissances d’une étrange volonté souterraine.

TITYRE Quelles merveilles tu me contes, ô Lucrèce !… Mais te dirai-je à quoi je songe, en t’écoutant ? Ton arbre insidieux, qui dans l’ombre insinue sa vivace substance en mille filaments, et qui puise le suc de la terre dormante, me rappelle…

LUCRÈCE Dis-le.

TITYRE Me rappelle l’amour.

LUCRÈCE Pourquoi non ? Dans ton entendement, vers ton âme de pâtre, ce que je dis pénètre et trouve son écho. Ma parole, Tityre, a donc touché ce point, ce noeud profond de l’être, où l’unité réside et d’où rayonne en nous, éclairant l’univers d’une même pensée, tout le trésor secret de ses similitudes…

TITYRE Je ne sais… Ton propos m’est obscur, ô Lucrèce.

LUCRÈCE Je m’entends. Il suffit. Parle donc à ton aise, et d’amour, si tu veux. Mais chante-moi plutôt cette métamorphose… Comment, dans ton esprit, une plante croissante te fit songer d’amour, ce besoin de plaisir ?

TITYRE Plaisir ? L’amour n’est point de si simple substance.

LUCRÈCE Que veux-tu qu’il soit mieux qu’universel instinct ? Il n’est qu’un aiguillon forgé par le destin.

TITYRE Aiguillon !… Et tu dis que mon âme est d’un pâtre !… Aiguillon !… Tu n’en fais que le dard d’un bouvier ! L’amour que tu conçois n’est que l’amour des boucs et des bêtes des bois. Ces brutes, par accès, ivres de leur semence, cherchent hideusement, dans leur chaude saison, à délivrer leur chair de ce vivant poison. Ils aiment sans amour au hasard des rencontres. Je le sais bien, berger qui s’en mêle parfois, et compose à son gré le mâle et la femelle, quand il voudrait avoir des chevreaux de son choix.

LUCRÈCE Et voici le destin traversé par Tityre… Tu mets les mains dans l’ombre où tâtonne le sort… Tu triches…

TITYRE N’est-ce point l’affaire des humains, dont tout l’esprit qu’ils ont tourmente la nature, embarrasse leur vie et veut tromper la mort ?

LUCRÈCE Ne va pas t’égarer sous mes treilles abstraites. Laisse-moi l’aphorisme et les raisonnements. J’attends l’arbre et l’amour que tu te plais à joindre. Chante- moi, si tu veux, des choses de ton cru. Tandis qu’à tes chansons, mon oreille se fie, je crains d’être sans goût pour ta philosophie.

TITYRE Écoute donc. Voici ce qui me vient : AMOUR n’est rien qu’il ne croisse à l’extrême : Croître est sa loi ; il meurt d’être le même, Et meurt en qui ne meure point d’amour. Vivant de soif toujours inassouvie, Arbre dans l’âme aux racines de chair Qui vit de vivre au plus vif de la vie Il vit de tout, du doux et de l’amer Et du cruel, encor mieux que du tendre. Grand Arbre Amour, qui ne cesse d’étendre Dans ma faiblesse une étrange vigueur, Mille moments que se garde le coeur Te sont feuillage et flèches de lumière ! Mais cependant qu’au soleil du bonheur Dans l’or du jour s’épanouit ta joie, Ta même soif, qui gagne en profondeur, Puise dans l’ombre, à la source des pleurs…

LUCRÈCE Ce ne sont point des vers. Ceci tient de l’énigme.

TITYRE J’improvisai. Ce n’est qu’un premier temps d’un poème futur. Ce que tu dis naguère au sujet de cet Arbre m’a fait songer Amour. L’Arbre et l’Amour, tous deux, peuvent dans nos esprits se joindre en une idée. L’un et l’autre sont chose qui, d’un germe imperceptible née, grandit et se fortifie, et se déploie et se ramifie ; mais autant elle s’élève vers le ciel (ou vers le bonheur) autant doit-elle descendre dans l’obscure substance de ce que nous sommes sans le savoir.

LUCRÈCE Notre terre ?…

TITYRE Oui… Et c’est là, au sein même des ténèbres dans lesquelles se fondent et se confondent ce qui est de notre espèce, et ce qui est de notre matière vivante, et ce qui est de nos souvenirs, et de nos forces et faiblesses cachées, et enfin ce qui est le sentiment informe de n’avoir pas toujours été et de devoir cesser d’être, que se trouve ce que j’ai nommé la source des larmes : L’INEFFABLE. Car, nos larmes, à mon avis, sont l’expression de notre impuissance à exprimer, c’est-à- dire à nous défaire par la parole de l’oppression de ce que nous sommes…

LUCRÈCE Tu vas loin pour un pâtre. Tu pleures donc toujours ?

TITYRE Je puis toujours pleurer. Et, pâtre que je sois, j’ai observé qu’il n’est point de pensée qui, poursuivie jusqu’au plus près de l’âme, ne nous conduise sur les bords privés de mots, ces bords muets, où subsistent seules la pitié, la tendresse et la sorte d’amertume, que nous inspire ce mélange d’éternel, de fortuit, et d’éphémère, notre sort.

LUCRÈCE Et c’est donc à quoi tu médites, quand tu passes les nuits de l’été, à veiller ton troupeau qui dort, tandis que tout un bétail d’astres, harcelé çà et là, sur l’horizon, par le silencieux éclair, ou traversé par le vol imprévu de météores, semble paître le temps, et, comme pas à pas un troupeau broute son chemin, brouter l’avenir sans répit ?

TITYRE Que faire ? A cette heure nocturne, l’Arbre semble penser. Il est un être d’ombre. Les oiseaux endormis le laissent seul vivant. Il frissonne en soi-même : on dirait qu’il se parle. La peur habite en lui, comme elle fait en nous, quand nous sommes tout seuls, la nuit, avec nous-mêmes, et tout à la merci de notre vérité.

LUCRÈCE Il est vrai : nous n’avons à craindre que nous-mêmes. Les dieux et les destins ne peuvent rien sur nous que par la trahison de nos fibres sensibles. Sur l’âme inférieure ils règnent lâchement ; leur puissance n’est point l’acte de la Sagesse ; mais la divinité trouve en de faibles corps, pour suprême argument, la torture du sage.

TITYRE Mais le feu n’est-il point la fin même de l’Arbre ? Quand son être devient toute atroce douleur, il se tord ; mais se fait lumière et cendre pure, plutôt que de pourrir, miné par l’eau croupie, rongé par la vermine…

LUCRÈCE Tityre, entre les maux, choisis, si tu le peux ! Mieux vaut n’y point penser ; quoi de plus inutile ? Car ils sont, quand ils sont, assez clairs par eux-mêmes… Mais si j’étais pour toi le compagnon des nuits, invisibles tous deux dans l’ombre au pied de l’Arbre, réduits à nos deux voix, réduits à un seul être qu’écrase mêmement le fardeau de tant d’astres, je te dirais, te chanterais ce que me chante, et dit, et m’impose dans l’âme ma contemplation intérieure de l’Idée de la Plante.

TITYRE Je t’écouterais religieusement dans la nuit ; je perdrais le sentiment de mon ignorance ; je ne comprendrais pas tout ce que tu dirais, mais je l’aimerais tellement, avec un si grand désir que cela soit la vérité, avec un si grand ravissement de l’esprit, que je ne puis concevoir bonheur plus sûr, moments plus incorruptibles…

LUCRÈCE L’être qui s’émerveille est beau comme une fleur.

TITYRE Excuse-moi : je n’ai pu me tenir de t’interrompre tandis que tu parlais de cette Idée de la Plante…

LUCRÈCE Ne vois-tu pas que chaque plante est oeuvre, et ne sais-tu pas qu’il n’y a point d’oeuvre sans idée ?

TITYRE Mais je ne vois d’auteur…

LUCRÈCE L’auteur n’est qu’un détail à peu près inutile.

TITYRE Tu me confonds… Tu prends Tityre pour jouet !… Mais je suis animal raisonnable, et je sais comme toi que tout requiert ta cause. Tout ce qui est, fut fait ; tout suppose quelqu’un, homme ou divinité, une cause, un désir, une puissance d’acte…

LUCRÈCE Es-tu bien sûr que rien ne puisse être par soi, sans cause, sans raison, sans fin qui le précède ?

TITYRE Bien sûr.

LUCRÈCE Rêves-tu quelquefois ?

TITYRE Avant toutes les aubes.

LUCRÈCE Comme sur le granit de l’illustre statue agit le jour naissant qui le fait résonner, ainsi Memnon-Tityre à l’aurore improvise en lui seul, pour soi seul, des contes merveilleux… Mais tes rêves, Tityre, sont-ils de quelque prix ? Valent-ils au réveil d’avoir été rêvés ?

TITYRE Il en est de si beaux… Il en est de si vrais !… Il en est de divins… Et d’autres tout sinistres… Si étranges, parfois, que je les crois formés pour quelque autre dormeur, comme si, dans la nuit, ils se trompaient d’absent et d’âme sans défense… Il en est de cruels d’avoir été trop doux : tel bonheur se déchire au moment qu’il me comble, et m’abandonne au jour sur la rive du vrai… Toute ma chair encore est vibrante d’amour, mais l’esprit se refuse, et froidement contemple la palpitation mourante de son corps… Du reptile tranché, les deux tronçons se tordent…

LUCRÈCE Ainsi, tu n’étais donc qu’un spectateur contraint à subir le spectacle. Mais qui, dis-moi, qui donc soit l’auteur de ce drame ?

TITYRE L’auteur… Je n’en sais point. Je ne trouve personne.

LUCRÈCE Toi ?

TITYRE Assurément pas moi, car ces jeux du sommeil ne peuvent se former que je ne sois exclu de leurs arrangements : sans quoi, point de terreurs, de surprise ou de charmes.

LUCRÈCE Il n’y a donc point d’auteur. Tu le vois bien, Tityre ; une oeuvre sans auteur n’est donc point impossible. Nul poète pour toi n’ordonna ces phantasmes, et toi-même jamais n’aurais tiré de toi ni ces délices, ni ces abîmes de tes songes… Point d’auteur… Il est donc des choses qui se forment d’elles-mêmes, sans cause, et se font leur destin… C’est pourquoi je rejette aux besoins enfantins de l’esprit des mortels la logique ingénue qui veut trouver en tout un artiste et son but, bien distincts de l’ouvrage. L’Homme, naïf devant toute chose qu’il voit, sur terre ou dans les cieux, astres, bêtes, saisons, apparences de règles, semblants de prévoyance heureuse ou d’harmonie, interroge : Qui fit ceci ? Qui l’a voulu ? Croyant qu’il doit tout comparer à ces quelques objets qui sortent de nos mains : nos vases, nos outils, nos demeures, nos armes, à tous ces composés de matière et d’esprit qu’enfantent nos besoins…

TITYRE Mais toi, penses-tu mieux saisir la nature des choses ?

LUCRÈCE Je tente d’imiter le mode indivisible… Ô Tityre, je crois que dans notre substance se trouve à peu de profondeur la même puissance qui produit mêmement toute vie. Tout ce qui naît dans l’âme est la nature même…

TITYRE Quoi, tout ce qui nous vient serait essentiel ?

LUCRÈCE Non tout ce qui nous vient, mais bien ce venir même. Je te le dis, Tityre, entre tout ce qui vit existe un lien secret, une similitude, qui engendre aussi bien la haine que l’amour. Le semblable caresse ou dévore un semblable. Soit qu’il mange l’agneau, soit qu’il couvre la louve, le loup ne peut que faire ou refaire du loup.

TITYRE Mais toi, pourrais-tu faire ou refaire de l’Arbre ?

LUCRÈCE Je t’ai dit que je sens naître et croître en moi-même une vertu de Plante, et je sais me confondre à la soif d’exister du germe qui s’efforce et qui procède vers un nombre infini d’autres germes à travers toute une vie de plante…

TITYRE Permets que je t’arrête… Une question me vient.

LUCRÈCE Ce que j’allais te dire (peut-être te chanter) eût, je pense, tari la source de paroles qui surgit tout à coup du fond de ton esprit. Mais parle !… Si je te demandais d’attendre, tu t’écouterais intérieurement toi-même, avec complaisance, au lieu de m’écouter.

TITYRE Oui, ne penses-tu pas, ô Sage que tu es, que notre connaissance de quelque chose que ce soit est imparfaite si elle se réduit à la notion exacte de cette chose, si elle se borne à la vérité, et étant parvenue à changer la vue naïve en idée nette et en pur résultat d’examens, d’expériences, et de toutes les observances de forme qui éliminent l’erreur ou l’illusion, elle s’en tient à cette perfection ?

LUCRÈCE Que te faut-il de plus que ce qui est ? Et le vrai n’est-il pas la frontière naturelle de l’intelligence ?

TITYRE Je crois bien, quant à moi, que la réalité, toujours infiniment plus riche que le vrai, comprend sur tout sujet et en toute matière, la quantité de méprises, de mythes, de contes et de croyances puérils que produit nécessairement l’esprit des hommes.

LUCRÈCE Et tu ne veux donc point que cette mauvaise herbe soit brûlée par les sages, exhalant une odeur agréable à Minerve ?

TITYRE Que si tu la repiques et la cultives bien à part, elle cesse d’être mauvaise ; on peut lui trouver quelque usage. Mais voici mon propos de simple et d’ignorant. Une fois que l’on tient solidement le vrai, et que l’on ne craint plus de se perdre en de vaines lubies, la sagesse devrait revenir sur ses pas, reprendre et recueillir comme choses humaines tout ce qui fut créé, forgé, pensé, songé et cru, tous ces prodigieux produits de l’esprit nôtre, ces histoires magiques et monstrueuses qui naissent si spontanément de nous…

LUCRÈCE Il est certain (et il est étrange, en effet), que le vrai ne puisse nous être connu par l’emploi de beaucoup d’artifices. Rien de moins naturel !

TITYRE J’ai remarqué qu’il n’y a pas de chose au monde qui n’ait été ornée de rêves, tenue pour signe, expliquée par quelque miracle, et ceci d’autant plus que le souci de connaître les origines et les premières circonstances est plus naïvement puissant. Et c’est pourquoi sans doute, cette sentence fut prononcée par un philosophe dont je ne sais plus le nom : AU COMMENCEMENT ÉTAIT LA FABLE.

LUCRÈCE N’est-ce pas moi-même qui l’ai dit ? Mais j’ai dit tant de choses que celle-ci est aussi bien de moi qu’elle ne l’est pas…

TITYRE Tu es si riche !… Mais je reviens à mon propos, et par lui à notre ARBRE… Connais -tu la Merveilleuse Histoire de l’Arbre infini ?

LUCRÈCE Non.

TITYRE Et du cèdre chargé d’amour, tu ne sais rien ? Dans l’île Xiphos ?…

LUCRÈCE J’ignore tout du cèdre et ne sais rien de l’île.

TITYRE Et la plus étonnante ?

LUCRÈCE J’ignore aussi la plus étonnante.

TITYRE La plus étonnante histoire d’Arbres est bien celle de ces pommiers géants dont le fruit de l’un d’eux offrait à qui mordît sa pulpe fabuleuse une éternelle vie, cependant que le fruit de l’autre produisait à peine savouré, une étrange clarté dans l’esprit du mangeur : il sentait l’envahir une honte attachée aux choses de l’amour. Une rougeur subite enveloppait tout l’être et il ressentait sa nudité comme un crime et une brûlure…

LUCRÈCE Que de bizarres combinaisons sont à l’aise dans ta mémoire, Tityre !

TITYRE J’aime ce qui m’étonne et ne retiens que ce qui ne pourrait, dans un esprit de sage, exciter que l’oubli.

LUCRÈCE Et cet arbre infini ?

TITYRE Il fut, aux temps premiers, quand la terre était vierge, et l’homme encore à naître, et tous les animaux. La Plante était maîtresse et revêtait toute la figure du sol. Elle eût pu demeurer la seule et souveraine forme de vie, offrant à l’oeil des dieux la splendeur variée des couleurs de saisons. Immobile par nature de chacun de ses individus, elle se déplaçait en tant qu’espèces, gagnant de place en place l’étendue. C’est par le nombre de ses germes (qu’elle prodiguait follement aux vents) qu’elle procédait et s’élargissait à la manière d’un incendie qui dévore tout ce qu’il trouve à dévorer ; et c’est là ce que feraient encore, sans l’homme et ses travaux, les herbes et arbustes. Mais ce que nous voyons n’est rien auprès de ce que fut cette puissance de conquête par bonds de semences ailées, en cet âge héroïque de la vigueur du végétal. Or (écoute ceci, Lucrèce) il arriva que l’un de ces germes, soit à cause de l’excellence de la terre où il tomba, ou de la faveur du soleil sur lui, ou par toute autre circonstance, grandit comme nul autre, et d’herbe se fit arbre, et cet arbre, prodige ! Oui ! Il semble qu’en lui une sorte de pensée et de volonté se forma. Il était le plus grand et le plus bel être sous le ciel, quand, pressentant peut-être que sa vie d’arbre ne tenait qu’à sa croissance et qu’il ne vivait que de grandir, il lui vint une sorte de folie de démesure et d’arborescence…

LUCRÈCE Par quoi cet arbre était une sorte d’esprit. Le plus haut de l’esprit ne vit que de croissance.

TITYRE Comme un athlète aux jambes écartées fait effet contre les colonnes entre lesquelles il est placé et les pousse non moins énergiquement de ses bras gonflés de vouloir, cet arbre devint le foyer de la plus puissante poussée et la forme de la force la plus tendue que la vie eût jamais produite, force énorme, mais insensible à chaque instant, qui peut soulever peu à peu un rocher gros comme une colline ou renverser un mur de citadelle. On dit qu’au bout de mille siècles, il couvrait de son ombre toute l’immense Asie…

LUCRÈCE Quel empire mortel dut exercer cette ombre !…

TITYRE Oui, l’Arbre souverain faisait la nuit sous soi. Nul rayon du soleil ne perçait son feuillage, dans l’épaisseur duquel tous les vents s’égaraient, et son front secouait les tempêtes adverses, comme les boeufs massifs font les vains moucherons. Les fleuves n’étaient plus, tant il puisait de sève à même ciel et terre. Dans l’azur sec dressant sa solitude intense, il était l’Arbre Dieu…

LUCRÈCE C’est une merveilleuse aventure, Tityre.

TITYRE Pardonne-moi. J’ai mis ce conte innocemment en travers des discours plus profonds et plus sages que tu m’allais tenir touchant notre propos.

LUCRÈCE Je ne sais si je puis mieux dire qu’une Fable… Je voulais te parler du sentiment que j’ai, parfois, d’être moi-même Plante, une Plante, qui pense, mais ne distingue pas ses puissances diverses, sa forme de ses forces, et son port de son lieu. Forces, formes, grandeur, et volume, et durée ne sont qu’un même fleuve d’existence, un flux dont la liqueur expire en solide très dur, tandis que le vouloir obscur de la croissance s’élève, éclate, et veut redevenir vouloir sous l’espèce innombrable et légère des graines. Et je me sens vivant l’entreprise inouïe du Type de la Plante, envahissant l’espace, improvisant un rêve de ramure, plongeant en pleine fange et s’enivrant des sels de la terre, tandis que dans l’air libre, elle ouvre par degrés aux largesses du ciel des milliers verts de lèvres… Autant elle s’enfonce, autant s’élève-t-elle : elle enchaîne l’informe, elle attaque le vide ; elle lutte pour tout changer en elle-même, et c’est là son Idée !… Ô Tityre, il me semble participer de tout mon être à cette méditation puissante, et agissante, et rigoureusement suivie dans son dessein, que m’ordonne la Plante…

TITYRE Tu dis que la Plante médite ?

LUCRÈCE Je dis que si quelqu’un médite au monde, c’est la Plante.

TITYRE Médite ?… Peut-être de ce mot le sens m’est-il obscur ?

LUCRÈCE Ne t’en inquiète point. Le manque d’un seul mot fait mieux vivre une phrase : elle s’ouvre plus vaste et propose à l’esprit d’être un peu plus esprit pour combler la lacune.

TITYRE Je ne suis pas si fort… Je ne sais concevoir qu’une plante médite.

LUCRÈCE Pâtre, ce que tu vois d’un arbuste ou d’un arbre, ce n’est que le dehors et que l’instant offerts à l’oeil indifférent qui ne fait qu’effleurer la surface du monde. Mais la plante présente aux yeux spirituels non point un simple objet de vie humble et passive, mais un étrange voeu de trame universelle.

TITYRE Je ne suis qu’un berger, Lucrèce, épargne-le !

LUCRÈCE Méditer, n’est-ce point s’approfondir dans l’ordre ? Vois comme l’Arbre aveugle aux membres divergents s’accroît autour de soi selon la Symétrie. La vie en lui calcule, exhausse une structure, et rayonne son nombre par branches et leurs brins, et chaque brin sa feuille, aux points même marqués dans le naissant futur…

TITYRE Hélas, comment te suivre ?

LUCRÈCE Ne crains pas, mais écoute : lorsqu’il te vient dans l’âme une ombre de chanson, un désir de créer qui te prend à la gorge, ne sens-tu pas ta voix s’enfler vers le son pur ? Ne sens-tu pas se fondre et sa vie et ton vœu, vers le son désiré dont l’onde te soulève ? Ah ! Tityre, une plante est un chant dont le rythme déploie une forme certaine, et dans l’espace expose un mystère du temps. Chaque jour, elle dresse un peu plus haut la charge de ses charpentes torses, et livre par milliers ses feuilles au soleil, chacune délirant à son poste dans l’air, selon ce qui lui vient de brise et qu’elle croit son inspiration singulière et divine…

TITYRE Mais tu deviens toi-même un arbre de paroles…

LUCRÈCE Oui… La méditation rayonnante m’enivre… Et je sens tous les mots dans mon âme frémir.

TITYRE Je te laisse dans cet état admirable. Il me faut à présent rassembler mon troupeau. Prends garde à la fraîcheur du soir qui vient si vite.