Après l’extase, la lessive, Jack Kornfield, Pocket, 2001

APRÈS L’EXTASE, LA LESSIVE

PRÉPARATION A L’EXTASE :

L’Éveil existe,

on peut s’éveiller…

cependant, il ne dure pas.

Après l’extase, il y a la lessive,

le quotidien revient.

En 1960, le pape Jean XXIII, dans un esprit de réforme, assouplit la règle stricte du silence des ordres monastiques. Ce changement fut terrible pour les sœurs, obligées à exprimer avec des mots leur vie spirituelle baignée de silence. Beaucoup fuirent le couvent. Difficile de retrouver dans les mots humains la grâce perçue dans le silence. La vie spirituelle a besoin des deux. Tout comme le souffle entre et sort du corps, il nous faut intégrer connaissance intérieure et expression extérieure. Il ne suffit pas d’accéder à l’éveil, il  nous faut aussi trouver les moyens de vivre pleinement la vision.

Les périodes de grande sagesse, de profonde compassion, alternent avec des phases de peur, de confusion, de névroses et de luttes.

Lorsque je me plains à mon gourou de ne pas agir toujours comme un être éveillé, il sourit et me dit que c’était bien ainsi, car « autrement, vous continueriez à imaginer pouvoir trouver le Bouddha à l’extérieur de vous-même. Il n’y est pas ! »

  • Y a-t-il une sagesse qui intègre à la fois l’extase et la lessive ?

Nous pouvons être conduits vers la vie spirituelle par de nombreuses causes : la plus fréquente est notre propre souffrance et notre insatisfaction, cela peut aussi être l’appel de la beauté, de la plénitude, ou encore une quête du sacré, un appel de l’au-delà, une quête de sa véritable demeure…

  • Une jeune princesse, Aris, en Suède, est promise à un dragon. La nuit de la noce, elle a pris soin d’enfiler 10 robes, les unes sur les autres. Au moment fatidique, elle l’informe qu’elle doit enlever toutes se parures avant de lui offrir son cœur. A lui d’en faire autant. A chaque robe enlevée, le dragon se défait d’une épaisseur de cuirasse. Malgré la douleur, il persiste. A la dixième robe, le dragon laissa tomber sa dernière cuirasse, vestige de sa robe de dragon.  Un beau prince étincelant s’offrit à elle. Ils s’abandonnèrent aux plaisirs de leur chambre nuptiale.

L’éveil est un voyage comparable à ce conte, il ne va pas débuter dans la lumière ! Se défaire de ses propres écailles est douloureux, les dragons qui en gardent la voie sont féroces et tenaces. Cela requiert l’inspiration des anges et demande de plonger dans l’océan des larmes. A nous de traverser la grande peur, d’épouser le dragon, de suivre le long processus de dépouillement des habitudes auxquelles nous nous accrochons. Seul le lâcher prise difficile et lent peut nous permettre de nous libérer de notre ensorcellement.

  • La première couche d’écailles est un tissu de tensions que nous gardons dans notre corps. A chaque fois que nous rencontrons uns stress, dans note vie, nous avons tendance à nous crisper, « cuirasse caractérielle « ( Wilhem Reich). La pratique de la respiration (yoga, tai ji quan, soufis…) peut libérer notre corps plutôt que de le dominer.
  • Viennent ensuite d’autres niveaux d’agitation, de résistance, comme la difficulté à se calmer au milieu d’une journée très active. On ne peut échapper à soi-même, on doit faire face. Lorsque chaque robe de mariage est ôtée, une légèreté se fait jour.

Ouvrir et soigner notre cœur devient inévitable. Colère, peur, égoïsme, doute, orgueil, maintiennent notre cœur fermé. Pour cela il faut localiser et nommer nos désirs, afin de sortir notre cœur de ce qui l’enlise.

  • Comme pour le corps et le cœur, l’esprit contient aussi des tensions. L’esprit abandonne très vite l’instant présent pour se rendre quelque part ou devenir quelqu’un d’autre. Pensées répétitives, croyances limitées créées par notre petit égo, des idées fixes que nous avons à propos de nous-mêmes. La coupe de nos pensées étant pleine, plus rien ne peut y pénétrer.

Vivre dans ce « corps de peurs » conditionne notre vie en une suite d’habitudes et de réactions.

Sortir du courant de ces pensées nous permet de venir à la simplicité de l’expérience directe, nous entrons dans l’éternel présent.

Après ces différentes étapes préparatoires, nous sommes prêts pour entamer L’INITIATION :

Faire face à notre peur de la mort. Apprendre à mourir avant de mourir. Mourir à nos vieilles habitudes et être libre de vivre. Naître à soi-même.

  • Pardon et réconciliation : pour pardonner, il faut faire face à la douleur et au chagrin de la trahison et de la déception et découvrir le mouvement du cœur qui malgré tout s’ouvre au pardon.

Rencontre entre deux anciens prisonniers de guerre :

-« As-tu pardonné à tes geôliers ? »

-« Non ! Jamais ! »

-« Alors, ils te retiennent toujours prisonnier, n’est-ce pas ? »

  • Le feu intérieur : l’ardeur et le courage nécessaires pour persévérer dans le voyage. Volonté d’ouvrir, de découvrir, d’apprendre.
  • Bénédiction éternelles : le mystère de l’identité. Qui suis-je, en dehors de ce sac de peau et d’os ? Qui a pris naissance dans ce corps ? La somme des expériences est transitoire, limitée, incapable de durer. Ni ceci, ni cela, jusqu’à l’abandon de tout sentiment d’égo, pour demeurer dans un silence profond et inexprimable. La mort et la naissance ne sont pas séparées. Le renouveau vient en mourant.

LES PORTES DE L’ÉVEIL :

Une partie de nous même connaît l’éternité, oublié ou recouvert, mais c’est là. Centre de sagesse à l’intérieur de nous,  « Celui Qui Sait ».

Lorsque nous n’avons pas de mots

pour désigner une chose nous ne pouvons la comprendre :

elle n’entre pas dans notre vision du réel.

Les portes d’éveil, points d’accès à la sagesse éternelle du cœur, nous ouvrent à nous-mêmes et à la vérité. Parmi les plus puissantes, en voici 4 :

1.La porte de la douleur : douleur et insatisfaction sont imbriquées dans toute expérience, pour nous et pour tout le monde. En rencontrant la douleur du monde, un cœur sans peur, empli de miséricorde, s’éveille : c’est l’universel droit de naissance à l’humanité.

Par la porte du chagrin, nous nous libérons de nos illusions pour demeurer dans le cœur de Celui Qui Sait.

2.La porte de la Vacuité :

« Vous vivez dans l’illusion et l’apparence des choses.

Il y a une réalité mais vous ne la reconnaissez pas.

Quand vous la réalisez, vous voyez que vous n’êtes rien.

En n’étant rien, vous êtes tout.

Voilà. » (Kalou Rinpoché)

La vacuité de soi est notre manque de contrôle sur notre égo, présupposé existant. L’idée habituelle de nous-mêmes, en tant qu’entités solides et distinctes n’est qu’une image créée par notre esprit. Dans la vacuité de soi, le monde devient transparent, clair, simple.

Un drapeau bouge dans le vent

« Est-ce le drapeau ou le vent qui bouge ?

Ni l’un ni l’autre.

C’est l’esprit qui bouge. »

(Maître zen Hui Neng)

3.La porte de l’Unité : « L’Éveil du Bien Aimé », les mers dans lesquelles nous nageons ne sont séparées d’aucune créature vivante.

Le monde est notre cabane, nous partageons l’air que nous respirons avec les chênes, et les sapins des forêts, l’eau que nous buvons tombe des nuages…nos esprits et nos corps ne sont pas séparés, nous sommes reliés, unis. L’expérience complète de cette vérité s’appelle satori : c’est le premier goût de l’Eveil.

Quand notre identité s’étend jusqu’à inclure toutes choses, nous trouvons la paix dans la danse du monde. L’océan de la vie s’élève et retombe à l’intérieur de nous-naissance et mort, joie et douleur, tout ceci est nôtre. Notre cœur est plein de vide, il est assez vaste pour tout embrasser.

4.La porte sans porte, la porte de l’éternel PRÉSENT :

« Comme tu ne crois pas en toi, tu fais tes bagages et pars en visite chez les autres à la recherche du zen, du tao de mystères, de prises de conscience, en quête du bouddha, de maîtres, d’instructeurs. Tu penses que là est la recherche de l’ultime et tu en fais ta religion.

Mais tu es comme un coureur aveugle. Plus tu cours, plus tu t’éloignes. Tu ne fais que t’épuiser, et pour quel bienfait en fin de compte ? » (Fo Yan, maître zen)

Bouddha parle de 4 chemins pour atteindre le lâcher prise : rapide ou lent, facile ou douloureux…nous pouvons peut-être en rajouter un 5ème, celui qui ne comporte aucune vitesse, aucun effort, aucun voyage. Au lieu de franchir la porte de l’unité ou du chagrin, nous traversons la porte sans porte, réalisant que toute idée de voyage et d’effort est illusoire.

Nous allons là où nous sommes.

L’obtention de l’Éveil est un accident. En méditant, nous nous préparons à cet accident.

L’ÉVEIL N’EST PAS UNE FIN :

Au-delà du Satori :

L’Éveil n’est que le début du processus. C’est comme « entrer dans un courant », qui emporte vers une liberté plus large, aussi sûrement qu’un courant rapide entraîne une feuille vers la mer.

La seconde étape consiste à « revenir encore », nécessaire pour se débarrasser de nos habitudes les plus grossières de saisie et d’aversion qui recréent ce sentiment d’un soi trop plein de peurs et de limites.

La troisième étape est appelée « Non Retour », définitivement libérés de tout ce qui reste de désirs, saisies, colères et peurs. Nous demeurons dans la liberté et la réalité du Présent.

La quatrième étape, «  Grand Éveil », permet à l’individu sans aucune identification à un soi, est libre de tous vestiges d’orgueil, de jugements, d’agitations, de séparations qui voilaient l’être pur.

L’Humilité et la Nuit Obscure :

La « Nuit Obscure de Sens » (St Jean) est la période de deuil profond : tout ce qui dans le passé nous a procuré du plaisir perd son sens.

« L’amour du cœur est une flamme de bougie

qui nous conduit à travers le chemin de l’obscurité » (St Jean)

Le chemin n’est pas linéaire, mais circulaire : on parle de cycles, de cercles, l’épanouissement d’une fleur, pétale après pétale, spirale ascendante, dans autour de l’immuable, entre de toutes choses. Nous revenons chaque fois là où nous étions, mais à chaque fois avec un cœur plus entier, plus ouvert.

Les idéaux sont des outils d’inspiration, non des réalités en eux-mêmes. Bien compris, les idéaux nous rendent le cœur léger et nous donnent une direction à suivre.

L’Éveil n’est pas une fin : les chutes sont possibles, les honorer comme une étape nécessaire, comme un cadeau, temps de jachère, développer l’humilité.

Lâcher prise, lâcher prise, lâcher priseconfiance que tout, absolument tout est parfait, étreindre la vie, s’ouvrir volontairement à la totale réalité du présent.

Le linge sale : développer la sagesse discriminante, poser des limites, pour répondre avec sagesse. La sagesse discriminante est la vision claire, pendre conscience que notre linge est sale et qu’il a besoin d’être lavé.

Remettre en question nos croyances, notre communauté, notre enseignant et nous-mêmes. Dans un sentiment d’interdépendance et de compassion.

Les quatre principaux domaines dans lesquelles les difficultés apparaissent :

  1. L’abus de pouvoir : détenir tous les pouvoirs d’une communauté et décourager les questions peut mener très facilement au contrôle de la vie des étudiants « pour leur bien » !
  2. Les finances : il est facile de passer du besoin à l’avidité.
  3. La sexualité : moyen pour développer une relation privilégiée avec l’enseignant, développement d’harems, abus d’enfants…
  4. Abus d’alcool et de drogues : l’ivresse est la fausse métaphore de la transformation spirituelle.

« Eclaire-toi toi-même, deviens toi-même une lumière. »

(Bouddha)

Apprendre, erreur après erreur. Nous sommes vulnérables, aussi longtemps que nous sommes vivants !

NETTOYER POUR S’ÉVEILLER :

La liberté de l’Éveil ne se trouve exactement que là où nous sommes. Aimer notre imperfection et notre complexité.

La voie du milieu embrasse les opposés, sans se laisser prendre, ni par l’un, ni par l’autre. Liberté de se soucier, ou, de ne pas se soucier.

Pour que l’éveil soit une ouverture à la liberté, dans cette vie même, le corps doit en être la base.

  • Le Bouddha, après des années de lutte contre son corps, obtint la clé de ce cœur ouvert et libre. Il réalisa que toute a quête spirituelle pour la libération s’était transformée en un combat stérile contre son corps et contre le monde. Grâce à cette vision, il découvrit la voie du milieu, une unité intérieure qui sans entrer en conflit avec le monde, ne s’y complaît pas et ne s’y perd pourtant pas. Il ouvrit son cœur à la souffrance et à la beauté de la vie, telle qu’elle est, et demeura en paix.
  • Le Dr John Kabat-Zinn, avec son Programme de réduction du stress, accueillait tous les patients que la médecine moderne ne pouvait plus aider.

« Nous pouvons proposer la plus forte des médecines, la VÉRITÉ. »

Développer une attention profonde, être simplement présent à la vérité de leur corps, au lieu de traiter leur maladie comme des ennemis à abattre. Attention et acceptation. Ces nouvelles manière d‘être avec leur corps peuvent révolutionne leur vie.

  • La maladie peut être une porte, une invitation à approfondir le lien de notre âme avec la vie. Le but de la maladie est de nous ramener à ce qui est important pour nous, de nous réveiller.
  • Accepter la vérité est la porte de l’Éveil. « C’est ma nature. » A cet instant précis quelle est ma nature ? Pouvons-nous l’accepter ?

L’ensemble du ciel et de la lune

se reflète

dans une goute de rosée

sur une brindille

(zen)

Chaque petite chose contribue à l’ensemble et le reflète. S’éveiller au caractère sacré du quotidien.

Tant que nous sommes incapables d’être présents à nos propres sensations, nous continuons individuellement et collectivement, à accuser les autres de nos troubles.

« J’imagine

qu’une des raisons pour lesquelles les gens

s’accrochent aussi obstinément à leur propre haine,

est qu’ils devinent qu’une fois leur haine partie,

ils devront s’occuper de

leurs propres souffrances» (James Baldwin)

Notre pratique ne peut avancer que lorsque nous sommes perméables à ce qui  est vrai en nous.

« Le  joyau du lotus » est la traduction du mantra universel de compassion

« Om mani padme om…

Il a de nombreuses significations, mais une des explications de son symbolisme est que la compassion s’élève lorsque le joyau de l’esprit demeure dans le lotus du cœur.

L’esprit éveillé à la clarté du diamant.

  • En psychologie bouddhiste, le cœur-esprit a de nombreuses dimensions : pensées, sensations, émotions, réactions, intuition, tempérament, cogniscience.
  • L’esprit, en Occident, se limite au processus rationnel des pensées, d’idées, d’histoires. L’esprit discriminant peut nous séparer du monde : nous/eux, bien/mal, passé/futur…
  • Nos pensées aiment à créer des problèmes imaginaires :

« Ma vie fut une somme de terribles malheurs…

dont la plupart n’arrivèrent jamais. »

(Mark Twain)

« L’esprit créé le gouffre,

le cœur le franchit. »

(Sri Nasargadatta)

  • Le détachement, c’est autoriser l’émotion à vous pénétrer, la laisser entièrement entrer en vous, c’est comme cela que vous êtes capables de l’abandonner.
  • Prenez l’amour, ou la peur d’une maladie mortelle, si vous retenez vos émotions, si vous ne vous autorisez pas à les traverser complètement, vous ne pourrez jamais en être détaché, car vous serez trop occupé à en être effrayé, effrayé par la douleur, le chagrin, la vulnérabilité.
  • En vous abandonnant à ces émotions, en vous autorisant à y plonger entièrement, par-dessus la tête, vous les expérimentez complètement, totalement.
  • Vous savez ce qu’est la douleur, l’amour, le chagrin. Seulement vous pouvez dire :
  • « D’accord, j’ai expérimenté cette émotion. Je reconnais cette émotion. Maintenant je suis libre de me détacher d’elle, pour un temps… »
  • Apprendre à mourir, c’est apprendre à vivre.

Trouver la perfection dans ce qui est imparfait. Seule notre quête du bonheur nous empêche de le percevoir.

A tant vouloir saisir l’insaisissable, vous vous épuisez sans fin, en vain.

Ne va pas dans la jungle à la recherche de l’éléphant éveillé, il Se trouve déjà en toi, devant ton propre cœur.

La perfection ordinaire c’est être vrai avec soi-même. La vraie pratique est la patience, tout est fondamentalement incertain et changeant. On doit s’abandonner à cette à cette perfection ordinaire toujours et encore.

« Tu veux améliorer le monde ?

Je ne pense pas que cela soit faisable.

Si tu veux intervenir, tu vas l’endommager.

Si tu le traites comme un objet, tu vas le perdre.

Le maitre voit les choses telles qu’elles sont,

Sans essayer de les contrôler.

Il les laisse aller leur propre chemin

Est demeure au centre du cercle. »

Reconnaître le Bouddha en l’autre :

« Les seuls démons dans le monde, sont ceux qui virevoltent dans notre propre cœur. C’est là que nous devons livrer bataille. » (Mahatma Gandhi)

  • Une écoute pleine de compassion est la clé pour transformer le monde, le tao appelle cela
  • « Écouter avec le cœur pour pouvoir trouver la voie. » Cette compassion par l’écoute concerne nos propres conflits, découvrir ce qui est bon pour nous-mêmes et pour les autres. Nous sommes une partie de tout ce qui vit. Interdépendance.

Si nous semons des graines de bonté, quelque chose de magnifique apparaîtra un jour. Il  n’est jamais trop tard pour commencer.

Quand les graines de nos actions sont basées sur l’attention et la sincérité, nous savons qu’elles produiront des fruits qui nourriront tous les êtres, même si nous ne vivrons pas assez longtemps pour voir tous les changements auxquels nous avons contribués.

Nous sommes les planteurs de semences.

Le renoncement n’est pas celui de la vie, mais celui de l’avidité, de l’ambition, à l’enfermement égocentrique de notre temps

« Je crois en l’unité essentielle de tout ce qui vit.

C’est pourquoi je crois que

si une personne progresse spirituellement,

l’ensemble du monde progresse

et si une personne chute,

le monde chute de la même manière. » (Gandhi)

Notre acte politique le plus radical est la transformation de notre cœur.

« Puisque chaque chose n’est rien d’autre que ce qu’elle est, on ne peut qu’éclater de rire. »

(Long Chen Pa)

« Amis ! Le mental est comme un chameau obstiné. Si vous voulez le tenir, il veut s’échapper, mais si vous le laissez libre, il reste assis là. Si vous vous détendez dans votre état normal, vous éprouvez l’expérience authentique de la liberté naturelle. » (Long Chen Pa)

On devrait VIVRE A L’ENVERS…
Tu commences par mourir, ça élimine ce traumatisme qui nous suit toute la vie.
Après tu te réveilles dans une maison de retraite,

en allant mieux de jour en jour.
Alors, on te met dehors sous prétexte de bonne santé

et tu commences par toucher ta retraite.
Ensuite pour ton premier jour de travail,

on te fait un cadeau d’une montre en or et tu as un beau salaire.
Tu travailles quarante ans jusqu’à ce que tu sois

suffisamment jeune pour profiter de la fin de ta vie active.
Tu vas de fête en fête, tu bois, tu vis plein d’histoire d’amour !

Tu n’a pas de problèmes graves.
Tu te prépares à faire des études universitaires.
Puis c’est le collège, tu t’éclates avec tes copains,

sans aucune obligation, jusqu’à devenir bébé.
Les neuf dernier mois tu les passes tranquille,

avec chauffage central, room service, etc…
Et au final, tu quittes ce monde dans un orgasme !

(Woody Allen)

La sagesse ne consiste pas à connaître, mais à être. Le cœur sage n’est pas celui qui comprend tout, c’est un cœur qui peut tolérer la vérité de ne pas connaître. La sagesse devient vivante en présence du mystère, quand le cœur est ouvert, sensible et totalement réceptif.

La vérité est que nous ne savons pas.

La sagesse se développe s’ouvrant à cette vérité de ne pas savoir.

« Le corps de peur » est à la racine de la souffrance :

  • un petit cœur effrayé d’être là,
  • qui a peur de faire confiance au flot du changement,
  • peur de s’abandonner à cet univers de transformation.
  • Ce petit cœur fermé s’accroche :
  • il a besoin de contrôler ce qui est imprévisible et que nul ne peut s’approprier et il s’efforce de le faire.
  • Avec la sagesse, cette absence de connaissance devient une forme de confiance :

« la terre ferme de la vacuité »

(Jocelyn King),

abandonner le territoire égotique et faire confiance à l’absence de base (Chögyam Trungpa)….

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