CE CERVEAU QUI NOUS POUSSE VERS L’ABÎME, Papier, revue de France Culture, n°31, Sébastien BOHLER interrogé par Olivia GESBERT

Notre cerveau est en premier programmé pour survivre, sinon, nous ne serions pas là, aujourd’hui!

Les deux parties principales du cerveau sont

-le cortex, partie située à l’extérieur, plissée, intelligente.

-le striatum,

partie interne, au cœur du cerveau, ancienne, déjà présente chez nos ancêtres les premiers mammifères, il y a des dizaines de millions d’années.

Le striatum façonne nos désirs, nos motivations profondes,  en fabriquant de la dopamine, à chaque fois que nous réalisons certaines choses.

La dopamine = est un neurotransmetteur, une molécule biochimique qui permet la communication au sein du système nerveux, et l’une de celles qui influent directement sur le comportement.

Le striatum nous incite à faires ces choses par le plaisir qu’on en retire.

Ces grandes motivations sont toutes liées à notre survie : nourrir, se reproduire, s’élever au-dessus des autres (assure plus de nourriture et plus de partenaires sexuels).

Avec notre cortex, nous avons inventé la roue, l’agriculture intensive, les OGM, les engrais, les pesticides, l’élevage en batterie, toujours au service de désir de manger qui a été programmé au début, pour fonctionner sans frein (dans la savane, lorsque vous trouviez une proie à manger, vous n’étiez pas sûre d’en trouver une autre avant des semaines, vous mangiez à satiété, pas de frein )

Notre société de pléthore alimentaire en est le résultat.

L’OMS nous dit que l’on meurt plus d’obésité, et de surpoids, dans le monde, que de faim.

L’ « INFOBESITE », c’est la satisfaction de notre besoin illimité d’informations.

Au Paléolithique, l’information est étroitement liée à notre survie : la trace d’un animal est une proie ou un prédateur. Notre cerveau nous récompensait par un shoot d’adrénaline.

Aujourd’hui, notre monde est saturé d’informations, dans la rue, au travail, sur nos téléphones….

Et comme notre besoin primitif n’a pas été programmé pour la modération, on consomme l’information en boucle : l’infobésité.

Le temps de la réflexion est très réduit, le choix se fait en fonction de critères pulsionnels : plus de « like » une plus grosse voiture, plus de marques…

Se poser la question de la limitation, de la modération, c’est se poser la question de sa liberté.

Notre striatum carbure à l’instantanéité, il ne peut envisager l’avenir : plus une récompense s’éloigne, moins la dopamine s’active.

Peut-on reprendre la maîtrise de notre striatum ?

Oui, si l’on donne de la reconnaissance aux gens, non pas pécuniaire,

mais en fonction du fait qu’ils partagent,

qu’ils consomment moins et mieux.

L’équité, la justice sociale,

c’est le fondement en psychologie sociale  d’un mouvement collectif,

solidaire, pour aller vers de grands défis.

L’équité, la justice sociale donne du statut social, un de fondement du striatum, en renforçant un cercle vertueux.

La connaissance, le savoir,  peut nourrir le cerveau, mais cela demande du temps.

Le temps long aujourd’hui n’existe pas….

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