DALAI LAMA STRASBOURG SEPTEMBRE 2016, INITIATION DE TCHENREZI

Dimanche 18 septembre 2016

Initiation de Tchenrezi.tchenrezi-07ee2

Chenresig (Chenrezig), ou sPyan-rasgzigs, qui signifie

« celui qui regarde avec les yeux clairs »

est l’incarnation tibétaine d’Avalokitésvara,l

le bodhisattva de compassion.

Il est considéré comme le protecteur du Tibet et, selon la tradition, il est

le père fondateur du peuple tibétain.

On dit que le Dalaï Lama
est une incarnation de Chenrezi
le bodhisattva de la Compassion.
Puisse-t-il vivre longtemps

Ouvrant les mains

qu’il apporte pluies de bénédiction à tous les peuples
Ramenant les bras

 qu’il dispense bienfaits et longue vie à tous les êtres

Que la compassion et la sagesse pénètrent le cœur de chacun

Qu’est-ce que le bouddhisme ?

  • Après avoir effectué l’expérience complète de l’Eveil, c’est-à-dire le plein épanouissement des qualités et des potentialités de l’esprit suite à la dissipation de l’ignorance de sa nature véritable, le Bouddha passa ensuite quarante-cinq années à donner des enseignements en fonction des différentes capacités des personnes qui venaient à lui, son message étant orienté sur l’aptitude à aider les autres à se libérer eux-mêmes de la souffrance.
  • Sagesse et compassion illimitées. Pour cela, quarante-neuf jours après son Eveil, le Bouddha mit en mouvement la première roue du Dharma au Parc des Gazelles à Sarnath en enseignant les Quatre Nobles Vérités (celle de la souffrance, de la cause de la souffrance, de la cessation et du chemin menant à la cessation de la souffrance).
  • Les instructions données par le Bouddha dans l’Octuple Noble Sentier qui conduit à la cessation sont : la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste. Ce sermon, dit de Bénarès, constitue le cœur du Dharma…
  • Ses disciples et leurs successeurs interprétèrent, clarifièrent et finalement diversifièrent ses enseignements en créant différentes écoles et traditions bouddhiques.
  • Les enseignements du Bouddha subirent des changements mais, malgré la transformation et l’adaptation aux cultures des pays traversés, de l’Asie du Sud-Est, de la Chine, de la Corée, du Japon, du Tibet et de l’Occident, l’essence des enseignements demeure, quelle que soit l’école, par les quatre sceaux qui sont :

1 – Anicca : tous les phénomènes composés sont impermanents.

2 – Dukkha : toutes les formations karmiques corrompues sont souffrance.

3 – Anatta : tous les phénomènes (intérieurs et extérieurs) sont dépourvus de soi.

4 – Le Nirvana est paix.

  • Le bouddhisme fut introduit au Tibet au VIIème siècle sous le règne du roi Songtsen Gampo.
  • Il y a été fermement implanté au IXème siècle sous le règne du roi Trisong Detsen, grâce à l’abbé Shantarakshita et au maître tantrique Padmasambhava (Guru Rinpoché) ainsi que d’autres maîtres indiens et de nombreux traducteurs.
  • La tradition issue de cette première époque de diffusion est appelé Nyingma (ancienne) et ses adeptes nyingmapa. La tradition nyingma, classe l’ensemble du bouddhisme en 9 véhicules :
  • Shravakayâna ou « véhicule des Auditeurs »
  • Pratyekabouddhayâna ou « véhicule des Bouddhas-pour-soi »
  • Bodhisattvayâna ou « véhicule des Bodhisattva »
  • Kriyatantra ou « tantra de l’action »
  • Câryatantra ou upatantra ou « tantra double »
  • Yogatantra ou « tantra de l’union »
  • Mahâyoga ou « yoga du développement »
  • Anuyoga ou « yoga de la perfection »
  • Atiyoga ou « yoga ultime »

Ces 9 véhicules structurent l’ensemble de la Voie. Ils sont en accord avec la notion de Vacuité.

  • Les trois premiers véhicules réunissent la recherche de la racine de la souffrance, les trois suivants, rassemblent les tantras, l’ascèse, pour un travail sur notre intérieur, les trois derniers lient les tantras pour un travail sur notre intérieur, vers une maîtrise parfaite.
  • Prendre conscience des voiles, établis par nos constructions mentales, nous empêchant de voir que tout n’est qu’éphémère, impermanent.
  • Il ne suffit pas de méditer sur la Vacuité pour atteindre l’état de bouddhéité, nous avons en nous des graines de bouddhéité, à nous de les actualiser par la pratique et ensuite d’aller à leur rencontre.

Les objets : la cloche et le vajra,

  • cloche-1la cloche symbolise la sagesse, la connaissance, la vacuité de tous les phénomènes, c’est l’objet.
  • Le vajra est le sujet, la connaissance primordiale.vajra-1

Le Vajra, en tibétain dorjé. C’est sans doute le symbole le plus important du bouddhisme tibétain. Le terme signifie « diamant » et désigne la nature indestructible de l’esprit en soi, l’éveil, qui est à la fois impérissable et indivisible.

2- En même temps que les cinq sagesses, ces cinq pointes supérieures symbolisent les Cinq Vainqueurs ou cinq principaux Bouddhas Masculins sur un plan mystique. Les cinq pointes inférieures symbolisent les Cinq Bouddhas Féminins.
3- Les bouches de makara (monstre marin) dont émergent les pointes dénotent la libération du cycle des existences.
4- Les huit pétales supérieures représentent les huit bodhisattvas masculins, autrement dit huit grands bodhisattvas demeurant dans des domaines célestes.
5- Les huit pétales inférieures sont les huit bodhisattvas féminins.
6- La partie ronde au milieu désigne la vacuité.

cloche-1La cloche, en tibétain drilbou. Elle symbolise, d’une manière générale, la vacuité (la vacuité ne signifie pas que rien n’existe, mais que les phénomènes n’existent pas tels que nous les percevons en raison du voile de l’ignorance qui recouvre notre esprit).

Examinons chacune des parties de la cloche:

1- Sa partie creuse représente la vacuité et son battant le « son » de la vacuité (c’est-à-dire sa dynamique contenant potentiellement la manifestation)
2- Le lotus à huit pétales symbolisent les huit bodhisattvas féminins, associés à l’idée de vacuité comme toutes les divinités féminines.
3- Le vase contient le nectar des accomplissements.
4- Le visage sur le manche est celui de la divinité féminine Prajnaparamitam symbole de la connaissance de la vacuité.
5- Le vajra renferme son propre symbolisme tel que vu plus haut.

  • La cloche forme une paire avec le vajra, leur union représentant l’union de la connaissance et des moyens habiles; ou encore de la connaissance et de la compassion; c’est aussi l’union des principes féminin et masculin. Vajra et cloche, en raison de leur très puissante fonction symbolique, sont fréquemment utilisé au cours d’un rituel, le premier étant toujours tenu de la main droite et la seconde de la main gauche.
  • La Transmission : appartient au Tantra supérieur, donc, celui qui transmet doit posséder des qualités supérieures, c’est un maître spirituel, totalement pacifié, maître de son esprit, expert dans la compréhension et l’application des textes, bienveillant, doué de compassion. Au disciple d’être vigilent, exigeant, d’examiner les qualités authentiques. Le maître doit être qualifié.
  • Un lama est un maître spirituel qualifié .La confiance aveugle est pareille à une foi stupide, sans intérêt !
  • L’enseignement est un antidote à l’ignorance, qui est la source de la souffrance, lorsque nous croyons que nous sommes attachés à la réalité des choses, au Soi.
  • L’essentiel est la nature du maître, empreint de bodhicitta ou esprit d’Éveil (bodhi : éveil ; citta : cœur-esprit). C’est l’aspiration et l’engagement à atteindre l’Éveil, ou bouddhéité, afin d’y amener tous les êtres sensibles, et ainsi les libérer de la souffrance inhérent,  à l’existence cyclique (Saṃsāra).
  • L’initiation : consiste à nourrir notre nature pour actualiser les 4 principales dimensions de la bouddhéité.
  • Placer le bandeau rouge reçu, devant les yeux, nous sommes encore ignorants, nous ne voyons pas…

Les Vœux, p.9, réciter 3x

  • Adopter la posture appropriée à ces vœux en posant le genou droit au sol, répéter 3X cette prière, en y mettant l’intention juste, comme une aide pour se libérer de la souffrance, déterminé, résolu à veiller sur ces 5 préceptes pris. On vient d’engendre la Bodhicitta (esprit d’Éveil)

« Voulant libérer tous les êtres,

Je prends constamment refuge

Dans le Bouddha, le Dharma

Et la Sangha jusqu’au cœur de l’Eveil »

poster-bouddha-shakyamuni

Le Bouddha Shakyamouni  : Siddhārtha Gautama dit Shakyamuni « sage des Śākyas » ou le Bouddha, est un chef spirituel qui vécut au VIᵉ siècle av. J.-C. ou au Vᵉ siècle av. J.-C., fondateur historique d’une communauté de moines errants qui donnera naissance au bouddhisme.

Prendre refuge et engendrer  l’esprit d’Eveil, en voyant le Bouddha de la compassion. Le visualiser, entouré de tous les maîtres de l’Eveil.

Prononcer les vœux laïques :

  • Ne pas tuer des êtres vivants
  • Ne pas prendre ce qui n’est pas donné
  • Ne pas avoir de conduite sexuelle incorrecte
  • Ne pas mentir (prétendre d’avoir atteint un niveau d’éveil)
  • Ne pas boire de boissons intoxicantes

Réciter les deux versets suivant, 3x,

avec détermination, intention, esprit d’éveil, la conscience de ceci au quotidien:

M’efforçant à la Connaissance

Accompagnée de compassion,

Je me tiens devant Bouddha

Et en sa présence

Engendre l’esprit d’Eveil parfait

Pour le bien de tous les être.

 

Tant que l’espace durera

Et tant qu’il y aura des êtres

Puissé-je moi aussi, rester dans le monde

Pour en dissiper la souffrance !

 

  • Garder à l’esprit une grande détermination de la mise en pratique de ces préceptes de la bodhicitta .
  • Les manquements à la Bodhicitta peuvent être : es paroles qui nuisent à autrui, être trop centré sur soi-même, ignorer trop autrui. Il est nécessaire de faire vœu d’altruisme.
  • On pose une nouvelle-fois le genou au sol, et on récite les trois fois les versets suivants :

« Je prends refuge dans les Trois Joyaux.

Je confesse tous mes actes négatifs.

Je me réjouis de la vertu des êtres.

En esprit, je retiens l’éveil des bouddhas.

 

Je prends refuge dans le Bouddha, le Dharma

Et la meilleure des assemblées jusqu’à l’Eveil.

Pour réaliser mon dessein et celui des autres,

J’engendre et je cultive l’esprit d’Eveil.

 

Ayant engendré l’esprit du suprême Eveil,

Je me tourne vers tous les êtres :

Qu’ils soient mes invités !

Je pratiquerai la plaisante et suprême conduite de l’Eveil :

Puissé-je alors devenir bouddha

Pour le bien de tous. »

 

 Ensuite, répéter une fois le verset suivant :

A présent ma vie a porté son fruit :

J’ai acquis une bonne expérience humaine,

Je suis né dans la famille des Bouddhas

Et me voici boddhisattva

 

Dans le bouddhisme mahayana, boddhisattva  désigne celui qui a formé le vœu de suivre le chemin indiqué par le Bouddha Shakyamuni, a pris le refuge auprès des trois joyaux (Bouddhadharma et sangha) et respecte strictement les disciplines destinées aux Bodhisattvas, pour aider d’abord les autres êtres sensibles à s’éveiller tout en progressant lui-même vers son propre éveil définitif, qui est celui d’un bouddha.

  •  Il est nécessaire de renouveler cette pratique au quotidien, Le Dalai Lama récite ces versets, en pleine conscience tous les jours.
  • Répéter le verset suivant en tibétain….si c’est possible :

Désormais, tout ce que j’entreprendrai

Sera en accord avec ma famille

Et je ne ferai rien qui souille

Ce noble lignage immaculé.

  • Pour atteindre l’Esprit d’Eveil il est nécessaire de se mettre à la place des autres. Se dédier au bien-être des autres, dans le présent et l’avenir n’est pas un sacrifice, c’est la meilleures façon d’obtenir notre propre bien : il y a un double accomplissement, son propre bien, et celui des autres.
  • Un moyen peut être celui de se visualiser sous la forme du Bouddha de la compassion.image-bouddha-compassion-chenrezi
  • Un autre moyen consiste à méditer sur l’absence de réalité des phénomènes, en relation avec la physique quantique.
  • Les choses apparaissent, mais par nature, n’ont pas d’existence propre.
  • Interdépendance mais dénué d’existence propre.
  • Nous avons tous en nous des graines de la nature de Bouddha.
  • La transmission de cette initiation a actualisé toutes les qualités présentes en nous-mêmes, même si certaines sont encore en partie voilées

Enlever le bandeau rouge placé devant nos yeux, dévoiler, nous voyons une autre réalité, nous pouvons observer clairement le mandala du Bouddha de la compassion.

Nous pouvons réciter le verset suivant :

A présent, ma vie a porté son fruit :

J’ai acquis une bonne existence humaine,

Je suis né dans la famille des Bouddhas

Et me voici Bodhisattva.

  • Bodhisattva : celui qui a formé le vœu de suivre le chemin indiqué par le Bouddha Shakyamuni,
  • a pris le refuge auprès des trois joyaux (Bouddhadharma et sangha) et
  • respecte strictement les disciplines destinées aux Bodhisattvas,
  • pour aider d’abord les autres êtres sensibles à s’éveiller
  • tout en progressant lui-même vers son propre éveil définitif,
  • qui est celui d’un bouddha.

Lors de cette cérémonie, il y a eu 4 purifications :

  1. L’Eau safranée
  2. La couronne (joyaux)
  3. La connaissance, le cœur l’esprit, le sujet (vajra)
  4. La sagesse, la vacuité de tous les phénomènes, c’est l’objet (cloche)

L’eau safranée sera distribué à tous.

« Félicité unie à la vacuité »

  • Les 4 joies sont nées en nous : l’équanimité, l’amour, la compassion et la joie. Actualisées
  • Par la luminosité de l’esprit, d’où naîtra la Bouddhéité formelle.
  • Il a fallut 60 ans de pratique quotidienne au Dali Lama pour atteindre ce niveau de sérénité, pour diminuer les émotions perturbatrices, c’est le fruit du Dharma.