Enseignements sur l’AMOUR, Thich Nhat Hanh, Albin Michel, 2004

 

Pratiquer les BRAHMAVIHARA, les 4 éléments du véritable amour :

Amour, Compassion,  Joie,  Équanimité.

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AMOUR : (Maitri) intention et capacité à donner joie et bonheur. Pour cela il faut pratiquer le regard profond et l’écoute profonde, pour rendre les autres heureux.

Offrir quelque chose dont l’autre n’a pas besoin, ce n’est pas Maitri.

COMPASSION : (Karuna) Comment le Bouddha peut-il sourire alors que le monde souffre ? Il faut avoir assez de compréhension, de calme et de force, pour ne pas se laisser submerger par la souffrance. Il peut sourire à la souffrance, car il sait comment en prendre soin et l’aider à se transformer. On doit être conscient de la souffrance, mais en gardant notre clarté, sérénité et notre force pour contribuer à transformer la situation. 

L’océan de larmes ne peut pas l’emporter si Karuna est présent.

JOIE : (Mudita) Le véritable amour apporte toujours Joie, sinon, l’Amour n’est pas véritable. La Joie contient le bonheur et le bonheur contient la Joie. Mudita est une Joie faite de paix et de contentement.

Joie pour les autres et pour soi.

ÉQUANIMITÉ : (Upeksha) c’est le non-attachement, la non-discrimination, l’égalité d’esprit, le lâcher prise.

UP = au-dessus, KSHA = regarder

AMOUR de SOI : Tant que nous ne sommes pas capables de nous aimer, et de prendre soin de nous-mêmes, nous ne serons pas d’un grand secours pour nos semblables.

 

Selon Bouddha, un être humain est formé de 5 SKANDHA (éléments, agrégats) :

  1. la Forme,
  2. les Sensations,
  3. les Perceptions,
  4. les Formations Mentales, et
  5. la Conscience.

Nous sommes des rois, car ces éléments sont notre territoire. A nous d’examiner nos territoires et de tenter de voir les éléments qui sont en guerre les uns avec les autres pour y apporter de l’harmonie, de la réconciliation et la guérison de soi.

Il faut commencer par se comprendre soi-même. C’est le début de la méditation de l’Amour.

  1. Commencer par l’aspect physique : la FORME

« Comment est mon corps maintenant, dans le passé, dans le futur ? » Pour soi et pour l’autre. Inspirer et expirer, visualiser le visage (le nôtre et le sien), ses poumons, ses reins, et l’ensemble de ses organes, en prenant le temps d’amener ces détails à notre conscience.

Quand on voit nos 5 SKANDHA clairement, la compréhension et l’Amour surgissent naturellement.

  1. Les SENSATIONS: s’écoulent en nous comme une rivière. Chaque sensation est une goutte d’eau de cette rivière. Observons comment elles surgissent, revivifiantes, ce qui les contraint, pour pouvoir les transformer au mieux, pour mieux m’aimer et mieux aimer les autres.
  2. Les PERCEPTIONS: face à la souffrance, il faut toujours se poser la question « en es-tu sûre ? »
  3. Nos FORMATIONS MENTALES: ce qui nous pousse à parler, agir comme on le fait. Toujours d’interroger sur la part d’influence de notre famille, culture, communauté, ancêtres. Les Formations mentales négatives apportent de nombreux tourments. Des Formation Mentales Positives apportent amour, bonheur, libération.
  4. La CONSCIENCE: est pareille à un champ rempli de graines d’amour, de compassion, de joie d’équanimité, de colère, de peur d’anxiété…dans la pleine conscience, tous ces possibles surgissent à l’esprit. A nous de nourrir les sensations qui apportent paix, joie, bien être.

    Farmer sowing seeds in the fields hand close up, soil on background

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« Ceux qui se font du tort par leurs pensées, paroles, actes,

sont leurs pires ennemis.

Ils se font souffrir eux-mêmes…ils créent leur propre souffrance…

tout en rendant les autres responsables de leur souffrance. »

(Bouddha)

Essayons de nous aimer, de prendre soin de nous et de chérir notre corps et notre esprit.

On est pour soi-même, la personne la plus proche et la plus précieuse sur terre, quand on a conscience de ceci, alors on cesse de se traiter comme un ennemi, cette conscience dissout en nous tout désir de non nuire à autrui.

 

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Pratiquer la méditation de l’Amour, c’est creuser très profondément dans la terre jusqu’à y trouver l’eau la plus pure. Nous regardons profondément en nous même, jusqu’à ce que la compréhension se manifeste et que notre Amour arrive à la surface.

En prenant soin de soi-même, on aide tout le monde.

Vous cessez d’être une source de souffrance pour les autres et vous devenez un réservoir de joie et de fraîcheur. Tel est le bouddhisme Mahayana.

Pratiquer la méditation de l’Amour vaut mieux que la somme de tous les autres actes vertueux.

 

L’AMOUR DE SOI :

Voici une méditation sur l’amour, adaptée du Visuddhimagga :   

Que je sois heureux(se) et en paix léger de corps et d’esprit

Que je sois en sécurité et à l’abri des accidents

Que je sois libéré(e) de la colère, des afflictions, de la peur et de l’anxiété

 

Qu’il/elle soit heureux(se) et en paix léger de corps et d’esprit

Qu’il/elle soit en sécurité et à l’abri des accidents

Qu’il/elle soit libéré(e) de la colère, des afflictions, de la peur et de l’anxiété. 

 

 Qu’ils/elles soient heureux(ses) et en paix léger de corps et d’esprit

Qu’ils/elles soient en sécurité et à l’abri des accidents

Qu’ils/elles soient libérés(es) de la colère, des afflictions, de la peur et de l’anxiété. »

 

Envisager chaque phrase comme  un mantra et non comme un sujet de réflexion.

 Puis l’adresser à une personne proche

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« Tuer la colère

supprime la souffrance et

apporte la paix et le bonheur » (Bouddha)

Face à une insulte, ne pas y répondre :

« Si quelqu’un refuse un cadeau (l’insulte),

il doit être repris par celui qui l’a offert. »

(Bouddha)

Des paroles et des actions animées par la colère blesse en premier leur auteur.

Pour s’aimer, il faut s’accepter soi-même, tel qu’on est, avec notre souffrance et notre bonheur.

« Connais-toi toi-même,

est la première pratique de l’amour. » (Bouddha)

AMOUR ET COMPRÉHENSION :

Puissé-je apprendre à me regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour

Puissé-je reconnaître et toucher les graines de joie et de bonheur en moi-même

Puissé-je identifier et voir les sources de colère, d’attachement et d’illusion en moi-même

 

Puisse-t-il/elle apprendre à se regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour

Puisse-t-il/elle reconnaître et toucher les graines de joie et de bonheur en lui/elle-même

Puisse-t-il/elle identifier et voir les sources de colère, d’attachement et d’illusion en lui/elle-même

 

Puissent-ils/elles apprendre à se regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour

Puissent-ils/elles reconnaître et toucher les graines de joie et de bonheur en eux-mêmes

Puissent-ils/elles identifier et voir les sources de colère, d’attachement et d’illusion en eux-mêmes

 

Quand notre pratique nous rend capable de nous aimer et de nous comprendre, de prendre soin de soi, alors, les autres peuvent devenir l’objet de notre méditation.

L’objet de notre médiation portera sur quelqu’un qu’on aime,

puis sur quelqu’un de neutre,

puis sur que l’on déteste.

téléchargement (1)C’est comme allumer un feu : on commencera d’abord par brûler de la paille, ensuite, quand le feu est pris, des petites branches, et enfin des petites bûches, puis des grandes bûches.

Progressivement, l’idée d’ennemi disparaîtra pour être remplacé par la réalité de

quelqu’un qui souffre et a besoin de notre amour et de notre compassion.

La colère ne peut surgir en nous que s’il y a des graines de colère en nous. Nous en occuper est primordial, retourner en soi et avec l’énergie de la pleine conscience, l’embrasser, l’apaiser et l’éclairer :

« Sachant que la colère me rend affreux

Je souris

Je reviens en moi-même

Je médite sur l’Amour. »

S’occuper de sa colère, comme une bonne mère s’occupe de son enfant qui pleure, ne pas la rejeter, la prendre dans ses bras, comme un enfant, et chercher la cause pour transformer la situation.

Pratiquer le regard profond, c’est remonter à la racine du problème. La compréhension est la clé pour la transformer en graine d’amour.

NOURRIR LE BONHEUR :

Puissé-je savoir comment nourrir les graines de joie en moi chaque jour

Puissé-je vivre avec fraîcheur, solidité et liberté

Puissé-je me libérer de l’attachement et de l’aversion, sans tomber dans l’indifférence

 

Puisse-il/elle savoir comment nourrir les graines de joie en lui/elle chaque jour

Puisse-il/elle vivre avec fraîcheur, solidité et liberté

Puisse-il/elle se libérer de l’attachement et de l’aversion, sans tomber dans l’indifférence

 

Puissent-ils/elles savoir comment nourrir les graines de joie en eux/elles chaque jour

Puissent-ils/elles vivre avec fraîcheur, solidité et liberté

Puissent-ils/elles se libérer de l’attachement et de l’aversion, sans tomber dans l’indifférence. »

 

Le bonheur n’est pas individuel, il est de la nature de l’inter-être.

téléchargement (2)Le genre d’Amour que Bouddha nous a enseigné de cultiver n’est ni possessif, ni objet d’attachement. Nous avons tous tendance à l’attachement. Apprendre à aimer en préservant la liberté de l’autre te permettre à chacun de maintenir son individualité.

L’attachement fait obstruction au flux de la vie, il est source de souffrance.

L’AMOUR VÉRITABLE :

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En vietnamien, il y a 2 mots pour désigner l’Amour :

TINH : c’est l’amour qui contient beaucoup de passion

NGHIA : c’est l’amour qui est plus calme, rempli de compréhension, de confiance, de solidité dans l’amour. C’est le fruit des difficultés et des joies, partagées sur une longue période, sur la durée.

Si un couple reste ensemble longtemps, c’est à cause de NGHIA !

La Méditation bouddhiste vise à restaurer la communication avec nous-mêmes. Nous sommes rarement là pour nous-mêmes, nous nous fuyons par peur d’affronter la souffrance de l’enfant blessé en nous, ignoré depuis si longtemps :

« Petit enfant, je suis là. Ne t’en fais pas. Je prendrai soin de toi »

Prendre soin de soin, pouvoir s’aimer.

ECOUTE PROFONDE ET PAROLE AIMANTE :

La Parole juste doit s’abstenir des 4 actions suivantes :

  1. Ne pas dire la Vérité (c’est noir, vous dites blanc)
  2. Exagérer (embellir ou déprécier les choses)
  3. Mentir (commérage)
  4. Dire des grossièretés (insulter ou tromper les autres)

 

VIVRE ENSEMBLE EN PLEINE CONSCIENCE :

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Face à l’incompréhension, l’irritation, un nœud se forme à l’intérieur de nous. Pratiquer la pleine conscience, c’est l’Art de dénouer les nœuds.

LES QUATRE PRISES DE CONSCIENCE

POUR UNE VIE DE COUPLE : 

Nous sommes conscients que toutes les générations de nos Ancêtres et toutes les générations de nos Descendants sont présentes en nous.

Nous sommes conscients des espérances que nos Ancêtres , nos enfants et leurs enfants ont vis-à-vis de nous.

Nous sommes conscients que notre joie, notre paix, notre liberté et notre harmonie sont la joie, la paix, la liberté et l’harmonie de nos Ancêtres, de nos enfants et de leurs enfants.

Nous sommes conscients que la compréhension est le fondement même de l’amour, que les reproches et les disputes ne nous aident jamais et ne font qu’agrandir le fossé entre nous.

Seuls la compréhension, la confiance et l’amour peuvent nous aider à nous transformer et à nous développer.

Pas de compréhension, pas d’amour.

UNE ROSE A VOTRE BOUTONNIÈRE, UN NOUVEAU DÉPART :

Si nous ne développons pas la respiration consciente pour défaire les blocs de souffrance en nous, les nœuds de colère, de jalousie, de tristesse, d’irritation…comment pourrons-nous aider les gens ?

Prendre un nouveau départ, sans demander pardon, c’est commencer à changer votre esprit et votre cœur pour transformer l’ignorance qui fait naître les mauvaises actions du corps, de la parole et de l’esprit et pour vous aider à cultiver votre esprit d’Amour.

Toutes les actions néfastes viennent de l’esprit…c’est donc par l’esprit que les actions néfastes doivent disparaître.

La méditation de l’étreinte : étreindre une personne dans vos bras, avec la respiration consciente, en l’étreignant e tout votre esprit, de tout votre corps, de tout votre cœur.CtfjKp3FjcAZzV8V1xasfz9y5Jc     eH-P0cF9IYp9wU8cxdt0Q1JfnNE

 

 

 

 

 

 

« J’inspire, je sais que tu es là,

dans mes bras, vivant.

J’expire, tu m’es si précieux. »

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Alors, l’Energie de l’attention, l’Energie de l’Amour,  l’Energie de la pleine conscience vont pénétrer dans cette personne, elles vont la nourrir et elle s’épanouira comme une fleur.

 

TRAITE DE PAIX :

Le Traîté de Paix-682x552 (1)

 

Les 5 entraînements à la pleine conscience :

(http://villagedespruniers.net/httpfr-villagedespruniers-pratiquesdepleineconscience/les-5-entrainements-a-la-pleine-conscience/)

Premier entraînement : Protection de la vie

Conscient-e de la souffrance provoquée par la destruction de la vie,

Second entraînement : Bonheur véritable

Conscient-e de la souffrance provoquée par le vol, l’oppression, l’exploitation et l’injustice sociale

Troisième entraînement : Amour véritable

Conscient(e) de la souffrance provoquée par une conduite sexuelle irresponsable

Quatrième entraînement : Parole aimante et écoute profonde

Conscient(e) de la souffrance provoquée par des paroles irréfléchies et par l’incapacité à écouter autrui

Cinquième entraînement : Transformation et guérison

Conscient(e) de la souffrance provoquée par une consommation irréfléchie, 

 

Je suis déterminé-e

à développer ma compassion, mon sens de la responsabilité,

à cultiver mon amour pour soulager la peine,

entretenir une bonne santé physique et mentale par la pratique de la Pleine Conscience,

pour mon propre bénéfice et celui des autres……

« Savoir que nous ne savons pas

est le début du savoir »

(Confucius)

Toucher le moment présent, profondément, c’est aussi toucher le passé, de telle sorte que toutes les blessures causées dans le passé peuvent être réparées. Prendre soin de l’avenir, c’est aussi prendre soin du présent.

téléchargement (3) SANGHA COMMUNAUTÉ :

Sans Sangha, il est difficile d’aller très loin, la Sangha est faite pour rencontrer, pratiquer ensemble, respirer, vivre dans la pleine conscience, la paix, la joie et la bonté aimante. Elle est source de soutien et de réconfort. C’est une communauté de rencontre pour résister à la vitesse, à la violence, aux modes de vie malsains qui existent dans notre société. N’ayez pas peur d’aimer, nous devons apprendre l’Art d’Aimer.

TOUCHER LA TERRE :

Se prosterner 6 fois et s’abandonner à la Terre Mère, à notre nature véritable.

Toucher la Terre avec le front, les deux jambes, les deux mains, pour avoir le corps à l’unisson avec notre esprit, et transcender notre petit moi.

« Celui qui s’incline et celui devant lequel il s’incline sont identiques,

ils inter-sont, dépourvus d’un soi séparé.

sun-flower-1536088_960_720Regarder profondément dans une fleur, c’est voir le soleil, les nuages, la pluie, les semences, les nutriments du sol….Elle est la somme d’éléments non-fleur, comme moi, je lui la somme d’éléments non-moi, tout est inter-être avec tout le reste dans le cosmos.

Dans une fleur, on peut voir l’Univers tout entier.

S’incliner dans les 10 directions : Est, Ouest, Nord, Sud, NE, NO, SE, SO, en haut, en bas et la 11ème direction à l’intérieur de soi.

Le PREMIER TOUCHER LA TERRE : c’est la gratitude face aux ancêtres, transformer la souffrance, accueil et conscience d’une continuation de ma famille. Vous êtes vos parents…être en colère contre eux n’a pas de sens.

Le DEUXIÈME TOUCHER LA TERRE : je vois en moi mon maître spirituel, j’ouvre mon cœur et mon corps à l’énergie de la compréhension et de l’Amour et de Protection. Par la pratique, je transforme la souffrance en moi et dans le monde, et je transmets cette énergie aux futures générations. Nous avons tous besoin de 2 familles : une spirituelle et une génétique.

Le TROISIÈME TOUCHER LA TERRE : conscience de la terre du pays qui nous porte. Se relier aux rivières, montagnes, plantes, nourritures de notre pays. Conscience d’être la continuation de tous ces éléments. Volonté de transformer la violence et la haine, présents dans mon pays, en paix et joie pour les générations à venir.

Le QUATRIÈME TOUCHER LA TERRE : conscience de ne pas être séparé des gens, volonté de leur transmettre de l’énergie de paix, de joie, de bonheur.

Le CINQUIÈME TOUCHER LA TERRE : réconciliation avec ceux qui m’ont fait souffrir, grâce à la compassion et à la compréhension.

« Je veux qu’elles ne souffrent plus »

Vous êtes la première personne à bénéficier de la paix et de la  joie qui s’instaurent.

Le SIXIÈME TOUCHER LA TERRE : conscience des trésors qui existent dans ma tradition spirituelle. Volonté de redécouvrir les valeurs spirituelles qui ont nourrit mes ancêtres, dans la stabilité, la joie, et la paix. Une personne coupée de sa propre culture et de ses traditions est comme un arbre coupé de ses racines.

 

LES TROIS TOUCHER LA TERRE :

Abandonner notre prétendu moi au courant de la vie et regarder profondément la nature de l’inter-être.

  • Le PREMIER TOUCHER LA TERRE : j’ouvre mon cœur et accepte tous mes ancêtres génétiques et spirituels, avec leurs qualités, leurs talents et faiblesses. Ils font tous partie de moi.

Je suis eux, ils sont moi. Je n’ai pas de soi séparé.

Voir et accepter ses propres faiblesses permet  d’accepter celle de nos ancêtres. L’amour est un processus d’apprentissage, une pratique, non pas un cadeau céleste.

Comme une ligne VERTICALE du temps.

 

  • Le DEUXIÈME TOUCHER LA TERRE : je fais 1 avec toutes les espèces vivantes dans ce monde. Je vois toutes les espèces en moi et je me vois en elles.

Comme une ligne HORIZONTALE, ici et maintenant, dans l’espace.

 

Poème de  Thich Nhat Hanh, il l’a écrit en 1978 alors qu’il essayait de sauver des boat people en mer de Chine.

« Ne dites pas que je pars demain —

Car je continue d’arriver aujourd’hui.

 

Regardez bien, j’arrive à chaque seconde

Pour être un bourgeon sur la branche au printemps,

Un petit oiseau aux ailes encore fragiles,

Qui apprend à chanter dans un nouveau nid

Une chenille au cœur d’une fleur

Un joyau qui se cache dans la pierre.

 

J’arrive encore, pour rire et pleurer

Craindre et espérer.

Le rythme de mon cœur est la naissance et la mort

De tout ce qui vit.

 

Je suis l’éphémère qui se métamorphose

A la surface de la rivière.

Et je suis l’oiseau

Qui descend en piqué pour gober l’éphémère.

 

Je suis la grenouille nageant gaiement

Dans l’eau claire d’un étang.

Et je suis la couleuvre

Qui s’approche en silence

Pour se nourrir de la grenouille.

 

Je suis l’enfant ougandais, la peau sur les os,

Mes jambes aussi fines que des tiges de bambou.

Et je suis le marchand d’armes

Qui vend ses engins de mort à l’Ouganda.

Je suis la fillette de douze ans,

Réfugiée sur une frêle embarcation

Qui se jette à la mer

Après avoir été violée par un pirate.

Et je suis ce pirate,

Mon cœur encore incapable

De voir et d’aimer.

 

Je suis un membre du bureau politique

Et j’ai le pouvoir entre les mains,

Et je suis l’homme qui doit payer

Sa “ dette de sang ” à son peuple

Se mourant lentement dans un camp de travaux forcés.

 

Ma joie est comme le printemps

Elle épanouit les fleurs, tout autour de la Terre.

Ma peine, une rivière de larmes,

Si vaste qu’elle emplit les quatre océans.

 

Oh, appelez-moi par mes vrais noms

Pour que j’entende à la fois mes rires et mes pleurs

Pour que ma joie et ma peine ne fassent plus qu’une.

 

Oh appelez-moi par mes vrais noms,

Afin que je m’éveille

Que la porte de mon cœur

S’ouvre enfin à jamais. »

  • LE TROISIÈME TOUCHER LA TERRE : lâcher prise, avec l’idée que je suis ce corps avec une durée de vie limitée.

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Comme une vague à la surface de l’océan, ma nature est celle de l’eau de l’océan. L’apparition et la disparition de la forme de la vague n’affectent pas l’océan.

Ma durée de vie est limitée, comme celle d’une feuille. J’ai dépassé l’idée que je ne suis qu’un corps séparé dans un espace et dans le temps, des autres formes de vie.

 

Comme un CERCLE  qui embrasse les deux autres Toucher le Terre :

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C’est le Sutra du Diamant qui supprime l’idée que

ce corps est moi et que cette durée de vie est ma durée de vie.

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« Je suis la vie sans frontière.

Je ne suis jamais né.

Je ne mourrai jamais. »

(Bouddah)

 

 

 

Se défaire de ces 4 notions : le soi, la personne, l’être vivant, la durée de la vie.

  • Le soi (fleur) est composé d’éléments non-soi (soleil, nuages, pluie…)
  • Nous ne pouvons vivre sans éléments non-humains (animaux, végétaux, minéraux), si nous les détruisons nous nous détruisons nous-mêmes. Interdépendance.
  • Les êtres vivants animés sont composés d’éléments inanimés (minéraux, eau). Respecter les droits des êtes non-vivants, c’est respecter les droits des êtres vivants.
  • Notre vie est infinie, c’est une certitude qui libère de la peur de la mort et permet de développer la confiance et la paix en soi.