BOUDDHISME….MANTRAS…SUTRAS………….

Le BOUDDHISME

Le Bouddhisme, né sept siècles avant le christianisme, est une « religion- philosophie » basée sur les enseignements du Bouddha.

 

Le mot « Bouddha » vient du mot « Bodhi » qui veut dire Sagesse. Un Bouddha est une personne complètement éveillée, une personne qui a atteint la perfection totale. Comme il y a eu une infinité de personnes qui ont déjà atteint la perfection, il y a donc une infinité de Bouddhas.

Le dernier Bouddha qui s’est fait connaître sur la terre, est le Bouddha Sakyamouni, le Fondateur du bouddhisme actuel.

Il est né vers l’an 563 avant J.C. dans un petit pays au Nord de l’Inde, près de l’Himalaya et du Népal actuel.

 

Le bouddhisme l’un des grands systèmes de pensée et d’action orientaux,  est né en Inde, depuis plus de 2500 ans. 

Etymologiquement « philo » veut dire amour, et « sophie » veut dire sagesse.

Si philosophie est amour de la sagesse, on peut dire que le bouddhisme est une philosophie, car la Sagesse est la qualité la plus importante dans le bouddhisme, elle prédomine la foi et l’amour. Le travail d’un bouddhiste consiste à développer sa sagesse.

Un Bouddha est celui qui a sa Sagesse pleinement développée.

Mais, la philosophie est limitée dans le monde phénoménal, l’objet du bouddhisme est sans limite, il s’étend à l’univers tout entier et englobe toute chose.

Si l’on entend par religion, la reconnaissance et le culte d’un dieu créateur tout puissant de qui dépend la destinée humaine, le bouddhisme n’est pas une religion.

Le Bouddha affirme que la destinée de l’homme dépend de lui-même, de sa pensée, de ses paroles, de ses actes. L’homme est complètement responsable de son bonheur comme de ses malheurs.

téléchargementSi l’on entend par religion, une organisation cultuelle avec des rites, des prières.., on peut dire que le bouddhisme est une religion, car les bouddhistes ont le culte : 

  • du Bouddha (fondateur du Bouddhisme)
  • du Dharma (l’ensemble des enseignements du Bouddha) et
  • du Sangha (communauté des adeptes sur le chemin de l’Éveil ou du Nirvāna)

 

nommé les Trois Joyaux.

 

Les 3 joyaux. Le Bouddha. Le Dharma. Doctrine. Le Sangha. Communauté monastique.

Le discours fondateur du bouddhisme enseigne quatre « nobles vérités » :

  • la vérité de la souffrance ou de l’insatisfaction inhérente à notre condition actuelle ;
  • la vérité de l’origine de la souffrance engendrée par la multiplication des désirs, par l’attachement obsessionnel, et en définitive, par notre ignorance ;
  • la vérité de la cessation de la souffrance, ou Nibbâna ;
  • et la vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance.

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Les quatre nobles vérités sont issues du premier  » sermon  » du Bouddha après son éveil spirituel, mettant ainsi en mouvement la roue du Dharma ( son enseignement)

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La roue du Dharma est également décrite comme étant la roue d’un chariot, et se compose de trois éléments :

le moyeu,

la jante, 

les rayons.

Ces éléments de la Roue du Dharma, cependant, peuvent être représentés de diverses manières. Par exemple, le moyeu peut être un cercle vide, une autre roue, un symbole yin-yang ou trois formes tourbillonnant ensemble.

Bien que la roue du Dharma soit communément représentée comme ayant huit rayons, ce n’est pas toujours le cas….

  • Ou encore représenter les trois aspects des enseignements bouddhistes qui concernent l’éthique, la sagesse et la concentration.
  • Ou encore : le moyeu symbolise la discipline et la stabilité mentale, qui sont vitales pour la méditation. Les rayons représentent la sagesse et la conscience nécessaires pour dissiper l’ignorance, tandis que le bord représente l’état de conscience nécessaire pour maintenir tout ensemble…

 

 Les SUTRAS :

Pour cette raison, les mots prononcés par le Bouddha Shâkyamuni font autorité et ses sermons sont recueillis dans les sutras.

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Sutra est un mot sanskrit, chez les bouddhistes, le terme désigne la mise par écrit des enseignements, des sermons du Bouddha et signifie à l’origine : une ligne ou un fil, dans le sens d’un fil qui connecte,  les « fils de la pensée », la  « trame des idées « .

Les SUTRAS sont nombreux.

  • Le Sûtra du Cœur, qui est probablement le texte bouddhique le plus connu, texte central, il est fréquemment psalmodié par des moines et des bouddhistes laïcs. Il est appelé « Sūtra du Cœur » car il contient le cœur de l’enseignement.

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https://www.youtube.com/watch?v=zf-28Qf4CHs

https://www.youtube.com/watch?v=nzioMDYzsgI

 

  • Le Sûtra du Lotus, écriture importante de certaines écoles chinoises (Tiantai) et japonaises (TendaiNichiren), considéré par ces écoles comme le dernier dicté par le Bouddha, summum de son enseignement.

Sūtra du Lotus de la Loi merveilleuse , en sanskrit सद्धर्मपुण्डरीकसूत्र / Saddharmapuṇḍarīkasūtra

Il s’agit d’un sûtra très populaire dans le bouddhisme, le Sûtra du Lotus contient les principes les plus profonds de son enseignement.

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  • Le Sūtra du diamant est l’un des grands textes du bouddhisme mahāyāna. C’est l’un des plus courts parmi les sutras Prajnaparamita. Il joue un rôle particulièrement important dans les courants méditatifs comme le chan et le zen.

Le titre complet sanskrit de l’œuvre est वज्रच्छेदिकाप्रज्ञापारमितासूत्र / Vajracchedikā Prajñāpāramitā Sūtra.

 छेदिका / chedikā veut dire  « ce qui coupe », वय्र / vajra signifie à la fois « diamant » et « foudre », une force inouïe, irrésistible, capable de faire voler en éclats, de démolir, de pulvériser tout ce qui est sur son chemin, de même qu’en pratique, le diamant est capable de couper le verre ou la roche la plus dure mais aussi de briller comme l’eau pure ou l’éclair ;

 प्रज्ञापारमिता / prajñāpāramitā signifie « perfection de la sagesse » ou « connaissance transcendante ».

« Le Bouddha n’est pas le Bouddha, c’est pourquoi je l’appelle le Bouddha » : dès qu’on se fixe à quelque chose, il y a souffrance. Je ne suis pas Emmanuelle, c’est pour ça que je m’appelle Emmanuelle ! Je ne suis pas réduite à mon prénom, mais infiniment plus vaste, plus libre que tous les stéréotypes…au fond du fond, il y a une partie insaisissable….. 

https://www.youtube.com/watch?v=KP5ag0Js9G4

 

LES MANTRAS :

 » La signification étymologique du mot  » mantra  » est : » ce qui protège l’esprit « .

En effet, quand on réalise la perfection de la sagesse, l’esprit est complètement protégé des croyances erronées, des perturbations mentales qui naissent de telles croyances et de la souffrance produite par ces perturbations.

Le mantra est une formule condensée constituée d’une série de sons répétée de nombreuses fois suivant un certain rythme. On peut s’aider d’un mala, sorte de chapelet comportant 108 grains, pour compter le nombre de récitation.

Fonctions du mantra : 

Les mantras sont souvent associés à des figures particulières de la mythologie hindouiste et bouddhiste dont les qualités peuvent être cultivées par la répétition du mantra s’y rapportant.

Par exemple, le mantra bouddhiste « om mani padme houng » est le mantra de Tchenrézy, divinité de la compassion. Aussi en récitant ce mantra, il s’agit de développer en soi l’ouverture du coeur et de ressentir la compassion vis-à-vis des autres.

C’est le son qui est l’essence même du mantra, plus que le sens. C’est par la résonance à travers l’espace que l’univers est transformé et que sa cohérence est maintenue.

Il est également utilisé comme support de méditation. Dans ce cas par sa répétition incessante, on cherche à stabiliser et calmer le mental pour permettre l’état de méditation et favoriser la communion avec l’univers,
avec le subtil, avec le divin.

Effets du mantra :

Le mantra est basé sur le pouvoir du son. Le son étant chargé d’une énergie, la vibration de ce dernier et sa résonance transforme l’environnement et le récitant.

La récitation du mantra a donc un effet bénéfique sur l’univers mais aussi sur la personne qui le récite en lui procurant un bienfait mental, spirituel et un bien-être physique. Il apaise le mental.

 

QUELQUES EXEMPLES DE MANTRAS

  • Le mantra bouddhiste « om mani padme houng »

Chaque syllabe purifie un voile :

  • OM : purifie le voile du corps.
  • MA : purifie le voile de la parole.
  • NI : purifie le voile de l’esprit.
  • PAD : purifie le voile des émotions contradictoires.
  • ME : purifie le voile de l’existence substantielle.
  • HUNG : purifie le voile qui recouvre la connaissance

Selon le bouddhisme tibétain, le fait de réciter le mantra de Chenrezig Om Mani Padme Hum, à voix haute ou intérieurement, est une invocation à l’attention bienveillante et puissante de Chenrezig, l’expression de la compassion du Bouddha.

Selon les moines bouddhistes tibétains, le mantra Om Mani Padme Hum (Hung) réunit à lui seul l’ensemble des enseignements du Bouddha.  

Chaque syllabe purifie un voile :

  • OM : purifie le voile du corps.
  • MA : purifie le voile de la parole.
  • NI : purifie le voile de l’esprit.
  • PAD : purifie le voile des émotions contradictoires.
  • ME : purifie le voile de l’existence substantielle.
  • HUNG : purifie le voile qui recouvre la connaissance.

 

Chaque syllabe correspond à l’un des six paradigmes ou perfectionnements transcendantaux :

  • OM : la générosité.
  • MA : l’éthique.
  • NI : la tolérance.
  • PAD : la persévérance.
  • ME : la concentration.
  • HUNG : le discernement.

Chaque syllabe du mantra nous purifie d’un défaut :

  • OM : l’orgueil.
  • MA : l’envie / le désir de se divertir.
  • NI : le désir passionnel.
  • PAD : la bêtise / les préjugés.
  • ME : la pauvreté / la possessivité.
  • HUNG : l’agressivité / la haine.

Enfin, chaque syllabe correspond à l’une des six sagesses :

  • OM : la sagesse de la stabilité.
  • MA : la sagesse toute accomplissante
  • NI : la sagesse émanent de soi-même
  • PAD : la sagesse toute embrassante (dharma)
  • ME : la sagesse discriminante
  • HUNG : la sagesse semblable à un miroir

Sa Sainteté le Dalaï Lama, Boddhisatva de la compassion, explique :

« Il est bon de réciter le mantra Om Mani Padme Hum.

Mais en le faisant vous devez penser à sa signification, car la portée de ces six syllabes est vaste et profonde.

La première est composée de trois lettres, A, U, M. Elles symbolisent le corps, la parole et l’esprit impurs du pratiquant, elles symbolisent aussi le corps, la parole et l’esprit purs et glorieux d’un Bouddha.

Le corps, la parole et l’esprit impurs peuvent-t-ils se transformer en un corps, une parole et un esprit purs ? Ou bien sont-ils complétement séparés ?

Dans tous les cas, les Bouddhas étaient des êtres comme nous, et c’est en suivant la voie qu’ils sont devenus des êtres éveillés. Le bouddhisme ne prétend pas qu’une personne puisse être exempt de défauts et posséder toutes les qualités de façon innée.

La purification du corps, de la parole et de l’esprit se produit par l’abandon progressif des états impurs et le cheminement vers la pureté.

Comment pouvons-nous l’atteindre ?

Le chemin se trouve contenu dans les quatre syllabes suivantes du mantra.

MANI signifie les moyens de la méthode. L’intention altruiste de s’éveiller, la compassion et l’amour. Ainsi tout comme un joyau peut résoudre la pauvreté, l’esprit altruiste de l’éveil est capable d’éliminer les difficultés de l’existence cyclique et de la paix solitaire.

Les deux syllabes PADME, le lotus, symbolisent la sagesse. Tout comme le lotus qui grandit dans la boue sans qu’elle le salisse, la sagesse vous place en situation de non-contradiction, alors qu’il y aurait contradiction dans toute autre situation exempte de sagesse. » 

https://www.youtube.com/watch?v=EcKea-10–E

 

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 Le mantra bouddhiste « om mani padme houng » est le mantra de  Tchenrézy, divinité de la compassion. Aussi en récitant ce mantra, il s’agit de développer en soi l’ouverture du cœur, mais on va chercher aussi à ressentir la compassion vis-à-vis des autres.

 

  • le mantra « so’ham » qui signifie « Je suis Lui », c’est-à-dire Brahman, est le mantra du HAMSA, l’oiseau migrateur, oie sauvage (nom de l’oiseau de Brahman)
    Il s’agit de répéter ce mantra  en inspirant sur SO’, et en expirant sur HAM.

https://www.youtube.com/watch?v=RxNPLZTo-G4

Cette formule exprime donc la prise de conscience de l’UNITE DU MOI avec l’ETRE suprême. On atteint,  peut-être, la connaissance accompagnée des qualités de pouvoir se faire petit comme un atome.

 

  • Le mantra « Gate gate paragate parasamgate bodhi svaha».

Le plus célèbre de tous les textes de la Perfection de la sagesse est le sûtra du cœur, ainsi nommé parce qu’il contient le cœur, l’essence, le principal de l’ensemble de tous les enseignements de la Perfection de la Sagesse.

5 étapes, voies ou chemins (marga) sur lesquels progressent les bodhisattvas  (Sage bouddhiste ayant franchi tous les degrés de la perfection sauf le dernier qui fera de lui un bouddha.)

Chacun des stades successifs est simplement un moyen de se détacher, ou nous permettant d’aller au delà, d’une compréhension littérale du stade « précédent.

Le cœur du sûtra du cœur est contenu dans le mantra qui le conclut

« gate gate paragate parasamgate bodhi svaha ».

Interprété littéralement :

« allé, allé, allé au delà, allé complètement au delà, Eveil, réussite! »

GATE : « Allé«  veut dire être parti de l’existence conditionnée, parti du monde. C’est l’expérience de la vacuité du conditionné qui fait qu’on le quitte que l’on va de l’avant.

GATE : allé de l’Inconditionné même, du nirvana même – c’est-à-dire allé au-delà du concept selon lequel le nirvana ou l’Éveil sont distincts de ce monde et de cet état. Il ne suffit pas d’aller au-delà du conditionné ; vous devez aller au-delà de l’Inconditionné. On pourrait dire qu’il n’est pas suffisant de vaincre Satan ; il faut aussi vaincre Dieu.

PARAGATE : Puis « allé au-delà«  : quand on quitte le conditionné, on va « au delà » vers l’inconditionné, le monde phénoménal. Il n’y a nul part ailleurs où aller.

PARASAMGATE : Avec « allé complètement au-delà«  on va au-delà de la distinction entre le conditionné et l’Inconditionné, entre samsara et nirvana, entre ce monde-ci et ce monde-là, entre souillé et non-souillé ; allé au-delà de toutes les distinctions dualistes, quelles qu’elles soient. Quand on laisse derrière soi le concept même de réalité, alors on est allé complètement au-delà

BODHI : Éveil

Il n’y a pas la structure d’une phrase, c’est juste une exclamation :

Bodhi ! Eveil ! Illumination !

Le dernier mot du mantra, « SVHAVA«  placé en conclusion de plusieurs différents mantras indique, ce qui est de bon augure, le succès, l’accomplissement, tout est bien, tout est favorable. S’ancrer fermement sur la terre de l’Eveil, c’est-à-dire à gagner le nirvana ultime. « 
Vous avez accompli votre tâche, vous avez atteint votre but, vous êtes Eveillés.

En récitant constamment ce mantra, en méditant constamment sur lui, on finit par assimiler sa signification profonde.

Selon le XIVe Dalaï Lama, le bouddhisme tibétain envisage une exégèse implicite des Prajñaparamita sutras, et le mantra du Hridaya sutra rappelle

  • gate = voie d’accumulation (sambhara-marga),
  • gate = voie d’union
  • paragate = voie de vision
  • parasamgate = voie de méditation,
  • bodhi = voie au-delà de l’apprentissage.

Traduction du mantra du cœur de la perfection de la sagesse :

 

« Allé, Allé, Allé au-delà, Allé complètement au-delà, Éveil, bénédiction. »

« Allons, allons, allons vers l’autre rive.

Allons tous ensemble à l’autre rive.

Que l’éveil soit ! »