RUMI

RUMI

  Jalal Al-Dîn Rûmî est l’un des principaux représentant du Soufisme, la branche mystique de l’Islam.

Érudit religieux, prêcheur, enseignant, un maître soufi, sur les enseignements desquels l’ordre des Derviches tourneurs fut fondé, il produisit une oeuvre considérable, de poésie, de prose et de lettres.

Son oeuvre la plus célèbre, le Masnavi, un poème narratif de 25000 vers, est mondialement reconnu comme étant un grand chef-d’ oeuvre spirituel jamais écrit.

Rumi nait en Afghanistan en 1207, dans une famille très lettrée (son père est appelé le sultan des savants) mais doit fuir  très jeune avec sa famille, son pays envahi par Gengis Khan. Ils se réfugient en Turquie.  Rumi, au gré de ses voyages et de ses expériences de vie devient tout à la fois poète, alchimiste et un mystique de grande renommée.

La rencontre qui changea sa vie:

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Il rencontre en la personne de Shams de Tabriz un maître qui lui permet d’entrevoir des vérités supérieures. Shams est un errant, un mystique, qui s’adonne à la danse, à la musique, comme moyen d’accès à Dieu. Pour lui, l’expérience mystique de fusion avec Dieu ne naît  pas dans l’étude des livres : on dit même qu’il est illétré. 

Il enseigne la danse et l’abandon à Rumi pour d’accéder à une conscience spirituelle autre. 

 Rumi et Shams passent de longues années ensemble. Mais un jour, Shams trouve la mort, assassiné, dit-on par les disciples de Rumi, jaloux de la relation exclusive que cet errant et ascète entretient avec Rumi qui les délaisse. Rumi en conçoit un chagrin profond.

 La fusion avec Dieu :

On raconte que Rumi, encore triste de la perte de son ami et maître, Shams de Tabriz, marche un matin dans le souk. Il entend à chaque pas Dieu lui dire :

 «  je suis toi, tu es moi »

 Des marteaux frappent des feuilles de métal précieux, et voici que sur cette musique , Rumi saisi par une vague d’émotion, lève les bras et se met à tourner sur lui-même. Les passants s’arrêtent pour le regarder. Rumi danse longtemps et les ouvriers ne cessent de frapper les feuilles que lorsqu’il s’arrête enfin : « Je viens de m’unir à Dieu » dit-il tout simplement

Est-ce ainsi que naît le Sama, cette audition spirituelle sur laquelle dansent les derviches, suivant l’enseignement de Rumi .

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Etymologiquement, le mot veut dire audition. C’est une technique d’expérimentation physique et que spirituelle. L’ascète accepte de se laisser prendre pendant le Sama par l’état qui s’empare de lui.

Le Sama a lieu après la prière, et commence toujours par la lecture d’un poème extrait du Masnavi de Roumi.

De nombreux gestes et salutations rituels encadrent la danse proprement dite ; tous ont un sens spirituel.

Par exemple, lorsque les danseurs tournent, la paume de leur main droite est orientée vers le ciel, indiquant que le danseur reçoit de Dieu, tandis que la gauche, orientée vers le sol, indique que le don de Dieu est restitué à la terre et au peuple.

La danse consiste à tourner sur soi même un pied plat, un sur demi pointe qui reçoit régulièrement une impulsion, tandis que les bras sont de part et d’autre du corps, la paume droite tournée vers le ciel pour recevoir, l’autre vers la terre pour redonner, selon le schéma de l’arbre cosmique. La tête est penchée sur une épaule et le buste, souple, qui se balance doucement sur un axe vertical. L’équilibre se crée grâce au souffle.

Se fondre dans la matière en mouvement est leur seul désir.

 La musique 

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La musique est constituée d’un ensemble de ney,(flûtes), de qanum, (cithare sur table), de rebab, (parent du violon mais à « six coins » comme le voulait Rumi pour incarner les quatre points cardinaux plus le Nadir et le  zénith), de tanbur et de dafs, percussions.

 Le cheikh, chef des musiciens, qui enseigne l’Islam et les principes du soufisme, est appelé samazân. C’est lui qui coordonne le tournoiement de tous les derviches, pour que chacun, tout en s’abandonnant à leur état propre, soient tout de même reliés entre eux, telles les étoiles dans le cosmos, dansant autour du soleil.

 Le tournoiement comme principe de vie de l’univers :

Comme le mouvement des planètes, cycle du temps, circulation du sang, etc.

Ce tournoiement conduit à une fusion du corps avec le reste de l’univers et non pas à sa disparition. La frontière que l’oeil voit disparait.

 Les calligraphies de maître Deshimaru, reviennent au même résultat : c’est à dire qu’il y a aussi fusion de la matière et de l’anti matière…

 « Epreuves et souffrances » (page 147, « Rûmî, la sagesse des derviches tourneurs »)

Cette dure discipline et ce rude traitement sont un four pour extraire les scories de l’argent. Cette mise à l’épreuve purifie l’argent ; quand il bout, l’écume remonte à la surface.

Le mieux-être demande, pour dépasser ses difficultés, d’accepter qu’elles sont une zone de confort.

La peur, la mémoire de la peur, ou d’un événement perçu par notre cerveau, notre inconscient (et pas forcement notre mental, conscient) nous empêche de sortir de cette zone.

Mentalement cette zone est inconfortable pour notre mieux-être mais elle devient confortable lorsque le chemin vers la résolution de nos difficultés, entrevoit le passage par des événements ou ressentis perçus comme douloureux par notre inconscient.

On appelle soufi les hommes qui ont renoncé aux richesses du monde et portent la tunique de laine. Ce sont des ascètes. Ils font partie de la confrérie mawlanya

JE SUIS ENIVRÉ PAR LA COUPE DE L’AMOUR :

J’ai regardé dans mon propre cœur :
C’est là que je L’ai vu.
Il n’est nulle part ailleurs.
Je ne suis ni chrétien, ni juif, ni parsi, ni même musulman.
Je ne suis ni d’Orient ni d’Occident, ni de la terre, ni de la mer.
J’ai abdiqué la dualité, j’ai vu que les deux mondes ne sont qu’un.
Un Seul je cherche, Un Seul je contemple, Un Seul j’appelle.
Il est le premier, Il est le dernier, l’extérieur et l’intérieur.
Je ne sais rien d’autre que « Ô Toi », « Ô Toi qui est ».

Je suis enivré par la coupe de l’Amour.

Hier, j’étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage et je me change moi-même.

Ainsi l’être humain est une auberge.
Chaque matin, un nouvel arrivant.
Une joie, un découragement, une méchanceté,
une conscience passagère se présente,
comme un hôte qu’on n’attendait pas.

Accueille-les tous de bon cœur !
Même si c’est une foule de chagrins
qui saccage tout dans ta maison,
et la vide de ses meubles,
traite chaque invité avec honneur.
Il fait peut-être de la place en toi pour de nouveaux plaisirs.

L’idée noire, la honte, la malice,
accueille-les à ta porte avec le sourire
et invite-les à entrer.

Soit reconnaissant à tous ceux qui viennent
car chacun est un guide
qui t’est envoyé de l’au-delà.

Extrait de The Essential Rumi, traduction française de Claude Farni.

Le livre de Chams de Tabriz de Djalâl ad-Dîn Rûmî
Tout l’univers est contenu dans un seul être humain : toi.
Tout ce que tu vois autour de toi, y compris les choses que tu n’aimes guère, y compris les gens que tu méprises ou détestes, est présent en toi à divers degrés. Ne cherche donc pas non plus Sheitan hors de toi. Le diable n’est pas une force extraordinaire qui t’attaque du dehors. C’est une voix ordinaire en toi.
« Si tu parviens à te connaître totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme suprême de conscience. Quand une personne se connaît, elle connaît Dieu. »

 

Djalâl ad-Dîn Rûmî
Je ne t’aime ni avec mon coeur, ni avec mon esprit. Le coeur peut s’arrêter, l’esprit peut oublier. Je t’aime avec mon âme. L’âme ne s’arrête jamais, n’oublie jamais.

 » Il y a une voix qui n’utilise pas les mots.

Écoute… « 

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